VICTOR, ANDRE, LOUIS, CLAUDE, ET LES AUTRES

Rédigé par J-P Négrel le 12 janvier 2014

Victor se nommait Hugo, André s'appelait Ampère, Pasteur était le patronyme de Louis, et Berthollet celui de Claude. Alessandro Volta, Michel de Montaigne,Nicolas Copernic, Galiléo Galilée, François-Marie Arouet alias Voltaire,et bien d'autres encore, pourraient se joindre à cette illustre assemblée de découvreurs scientifiques, de défricheurs de la pensée, de pourfendeurs d'obscurantisme, d'humanistes éclairés.

 

Berthollet

 

Pourquoi convoquer ici et ensemble les ombres d'écrivains, de chimistes, d'astronomes ou de philosophes dont le génie et les oeuvres, nous inclinent pour le moins à l'admiration, et à la reconnaissance pour leur apport personnel au progrès de l'humanité  ?

 

 

Voltaire

 

C'est que François-Marie est septuagénaire lorsqu'il écrit son «Dictionnaire philosophique», tout comme Nicolas qui, au même âge, nous livre le fruit de ses recherches astronomiques. Ces dernières seront ensuite confirmées presque un siècle plus tard par Galiléo, qui lui, au cours de sa vie, n'aura vu tourner la Terre que 68 fois autour du Soleil.

 

Pasteur

 

Les cadets de l'équipe Louis, André, Victor, ne comptent qu'une soixantaine d'années lorsqu'ils offrent pêle-mêle à l' humanité le vaccin contre la rage, le télégraphe électrique, «Les misérables».

 

Hugo

 

Enfin, dans la catégorie «juniors», les quinqua-quinquagénaires, néologisme créé à l'instant même pour les cinquante-cinq ans des ci-après Alessandro, Michel ou Claude, à qui nous devons respectivement la pile électrique, le 3 ème tome des «Essais, » et l'étude fondamentale de certaines réactions chimiques.

 

Montaigne

 

 

Quelle étonnante découverte !

 

Le génie créateur de l'Homme serait-il encore vivace largement après ses 50 ans ? La richesse philosophique,l'activité inventive, l'intuition scientifique, l'inspiration romanesque,la sensibilité poétique, l'art de l'écriture ou celui de déchiffrer les secrets de la nature, tout cela pourrait-il résulter aussi de l'expérience accumulée, de l'aboutissement d'une vie de recherches, d'expérimentations , d'interrogations, de méditation ? En un mot, un homme ayant franchi et dépassé son cinquantième anniversaire, serait-il donc encore capable d'être utile à la société ?

 

Galilée

 

S'ils avaient eu l'ineffable bonheur, la chance inouïe de vivre à notre époque de progrès efficace, rentable, compétitif, mondialisé, et de surcroît de connaître l'enviable quoique incertaine condition de salarié de la Libre Entreprise , quel aurait été le sort de ces précieux esprits ? Vraisemblablement , certains seraient au choix en pré-retraite depuis longtemps,sans emploi pour toujours, ou sans domicile fixe jusqu'à la fin. De toutes les façons, ayant largement dépassé l'âge canonique de 40 ans et l'âge fatidique de cinquante, ceux-là seraient définitivement écartés de notre formidable société marchande, conformément à l'épouvantable gâchis humain que nous connaissons actuellement .

Volta

 

La précoce mise en quarantaine (sans jeu de mots...) de talents professionnels, le rejet incompréhensible de compétences avérées, n'accentuent-ils pas encore la tenace et ravageuse «fracture sociale» , et ne viennent-ils pas, à contrario, heurter le paradoxal reproche fait aux jeunes de leur manque d'expérience. ?

Classé dans : Société, Histoire - Mots clés : Culture - 1 commentaire

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