GAUCHE OU DROITE ?

Rédigé par J-P Négrel - 20 décembre 2016

- o – o – o - o – o – o -

 

 

De tous temps, à l'occasion de diverses élections, certains candidats se déclarent « ni de gauche, ni de droite ». A tel point que les électeurs, certains tout du moins, s'y perdent un peu, et ne savent plus à quel Saint Politique se vouer. Ou est la gauche, où est la droite ?

Et si votre gastéropode préféré tentait avec vous de réfléchir à la question ? Comment faire sans blesser les uns ou choquer les convictions des autres ? Tout simplement en revenant aux principes fondamentaux de notre République et de sa devise, et en s'y référant  en se posant des questions sur les sujets qui gouvernent nos vies à tous.

Et surtout en observant avec objectivité de quel côté de l'échiquier politique est promu, mis en œuvre et préservé le plus grand nombre de ces principes fondamentaux qui constituent l'architecture même de notre République.

- o - o - o -

 

LIBERTÉ

 

-Liberté d'opinion et d'analyse tant qu'elles ne revêtent pas un caractère infamant ou diffamant dans leur expression.Pour les citoyens « ordinaires », cela ne consiste-t-il pas à pouvoir exprimer librement certaines critiques ou suggestions concernant par exemple la gestion de certains élus ou dirigeants de grandes entreprises polluantes ou corrompues ? ...S'exprimer sans peur et sans crainte devant celui ou celle qui, normalement, au nom de l'Egalité,ne devrait pas être considéré comme un « puissant » ? 

- o -

-Liberté d'informer, sans crainte de représailles ou de menaces de représailles.Pour les médias, ceci ne suppose-t-il pas notamment leur indépendance économique vis-à-vis de groupes de pression dont ils pourraient dépendre directement (cf programme du Conseil National de la Résistance) ? Où en sommes-nous actuellement ? Sept grands groupes industriels possèdent la majorité des médias privés...

Observons-nous par ailleurs le respect de cette liberté fondamentale en ce qui concerne ceux et celles que l'on appelle les « lanceurs d'alerte ? 

- o -

-Liberté de circuler où et quand bon il semble.

- o -

-Liberté d'entreprendre et de créer. Création d'activité économique, ou création artistique, scientifique ou culturelle.

- o -

-Liberté de croire en un dieu ou de ne pas croire. Ceci ne nous impose-t-il pas de respecter réciproquement cette liberté, sans contraindre l'autre par la pression ou la force, tout en préservant l'espace laïc de ces contraintes?

- o -

-Liberté d'association, qu'elle soit culturelle,humanitaire,solidaire , politique ou syndicale.

 

- o - o - o -

 

ÉGALITÉ

- o -

-Egalité de statut, de droits et de devoirs pour tous les citoyens. N'est-il pas revenu le temps où il faut à nouveau abolir les privilèges de certaines catégories de citoyens ?

- o -

-Egalité face à la justice, quels que soient l'état de fortune ou la position sociale ou politique du prévenu. Comme l'a écrit et dénoncé La Fontaine,« Que vous soyez puissant ou misérable... »,l'expression « Il a le bras long » est-elle de mise dans une société égalitaire ?

La Cour de Justice de la République (CJR) est-elle équitable lorsque, par exemple,elle juge une ancienne ministre coupable mais non condamnable ?

Autre exemple « d'impartialité » à rapprocher du cas précédent : les 2 mois de prison fermes pour un SDF qui avait volé un paquet de pâtes parce qu'il avait faim !

Autre exemple «d'indépendance» : par décret du 5 décembre 2016, la Cour de Cassation est placée sous le contrôle direct du gouvernement...

Par ailleurs,un tribunal arbitral , mû et inspiré par des intérêts privés,représente-t-il réellement une forme de justice légale et indépendante ?

Pour terminer,l'immunité parlementaire est-elle un exemple d'égalité  face à la justice ?

- o -

-Egalité des citoyens, des politiques et acteurs économiques face à la contribution nationale, avec l'abolition des privilèges pour les politiques, et mise hors la loi de l'optimisation fiscale pour les acteurs économiques fraudeurs.

- o -

-Egalité d'accès aux soins de santé (voir plus bas « Fraternité »)

- o -

-Egalité d'accès à la culture et à tous les niveaux de l'instruction, y compris les niveaux les plus élevés, quels que soient l'état de fortune ou la position sociale.

Ceci ne suppose-t-il pas une société dans laquelle l'enseignement est totalement gratuit, y compris l'enseignement supérieur , dévolu au service de l'Etat, inclus dans ses tâches régaliennes ?

- o -

-Egalité de rémunération et d'avancement pour les femmes exerçant les mêmes tâches et fonctions que leurs collègues masculins.

- o -

-Egalité de traitement pour les fonctionnaires, les salariés, les dirigeants de grandes entreprises, à raison des services réellement rendus à la société ou à l'entreprise. Est-il normal qu'un dirigeant de grande entreprise perçoive l'équivalent de milliers de fois la rémunération de salariés qui ont contribué effectivement par leur travail, leurs compétences et leurs initiatives, à créer les richesses et faire prospérer l'entreprise ? Dirigeants qui sont largement récompensés financièrement alors même qu'ils ont parfois notablement échoué ?

N'en est-il pas de même pour les députés, sénateurs, ministres, président qui, outre divers privilèges, bénéficient de rémunérations et de régimes de retraites disproportionnés ?

- o - o - o -

 

FRATERNITÉ

 

Fraternité ne rime-t-elle pas avec Solidarité instituée versus aléatoire Charité ?

 

-Solidarité fraternelle avec celles et ceux, y compris des enfants, qui dorment dans la rue. Subissant la canicule de l'été, le gel de l'hiver, le manque d'hygiène, la faim, la soif, l'insécurité, la maladie et parfois la mort,

Rappel : dès l'hiver 1954, voici plus de six décennies,l'Abbé Pierre lançait un appel en faveur des « Sans Abris », ceux que l'on appelle actuellement les « SDF ». Notre société ne possède-telle pas les moyens d'offrir un toit à tous ces gens ?

- o -

-Solidarité fraternelle avec les peuples qui souffrent . Ne devons-nous pas assumer notre part dans l'accueil d'hommes de femmes et d'enfants qui fuient la guerre ou la misère ?

- o -

-Solidarité fraternelle pour tous les Humains ,car ne témoignent-ils pas de l'Universalité de l'Homme dans toute sa diversité ? Et tous les Humains ne méritent-ils pas à ce titre un respect mutuel ?

- o -

CONCLUSION

- o -

Ce bref exposé est certainement très incomplet.

Cependant, chères amies cagouillardes, chers amis cagouillards, pensez-vous que l'ensemble de tous ces points pourrait constituer une sorte d'ébauche de Pacte Républicain réconciliant la Gauche et la Droite ? Et d'après vous, de quel côté ces valeurs fondamentales de notre République , sont-elles les mieux promues et défendues ?

A Gauche ou à Droite ?

A vous de voir !

 

- o -

VOS COMMENTAIRES, COMME TOUJOURS, SERONT LES BIENVENUS


 

Classé dans : Articles les plus lus, Société, Démocratie, citoyenneté - Mots clés : aucun - aucun commentaire

ALERTE- Montendre: droit de réponse légal refusé !

Rédigé par J-P Négrel - 03 novembre 2016

 

 

!

 

 

- o – o – o -

 

La cagouille libre, c'est bien connu, chemine lentement mais sûrement.

C'est ainsi que, chemin faisant, elle vient de découvrir avec stupeur ICI , en bas de page,une « nouvelle » datant déjà de mars dernier.

Qu'importe la date le fait ne demeure-t-il pas ahurissant ?

Ceci ne donne-t-il pas un aperçu de l'atmosphère très particulière du supposé «dialogue Républicain et Citoyen» qui règne à propos de certains projets en certains lieux ?


 

Ce qui n'apparaît pas dans cette page, c'est que par ailleurs,l'hebdomadaire « La Haute Saintonge » de l'époque a refusé tout net un droit de réponse légal à Mr Fradon, directement et personnellement mis en cause dans un article que cet hebdomadaire a publié, accusant Mr Fradon d'exercer un « Règlement de compte » à l'égard de  la Montendraise municipalité, ce mauvais acte étant évidemment attesté par son très crédible et très illustre nouveau maire-sénateur.


 

- o – o – o -

PRECISIONS IMPORTANTES APPORTEES PAR Mr FRADON

- o – o – o – o – o – o – o – o – o – o – o -- o – o – o – o – o – o – o – o – o – o – o -

 

Monsieur Négrel, je viens de lire votre article du 03 novembre 2016 , intitulé « ALERTE- Montendre: droit de réponse légal refusé ! »   et je ne peux pas rester indifférent à cette publication.

Oui, l’hebdomadaire « La Haute Saintonge » de l’époque avait effectivement refusé un droit de réponse à l'Association pour un service Public à Proximité du citoyen .

D’autre part, il convient de savoir, pour avoir été mis directement et personnellement en cause dans cet encadré, et considérant l'inexactitude des propos du Maire, que j’avais également demandé au journaliste, à titre personnel, le droit de réponse.

A la lecture de cet encadré, un officier d’état civil serait un géomètre ! Non, si je puis me permettre ! Aux travers des inexactitudes le lecteur peut être porté à croire des faits qui ne sont pas : « Les calomniateurs sont comme le feu qui noircit le bois vert, ne pouvant le brûler » disait Voltaire.

- o – o – o -

Courrier adressé au journaliste

- o – o – o -

Dans votre journal du vendredi 25 mars 2016, vous avez publié, dans un encadré, un article intitulé : règlement de comptes ?

Sous prétexte de faire diversion, cet article fait parler le sénateur-maire, et, de sa présentation, le lecteur peut penser que j’ai profité habilement de ma fonction de Maire délégué pour m’enrichir. Drôle de moyen soulevé ! Le sénateur humaniste voudrait-il porter atteinte à ma probité pour défendre un site d’exception ?

Je pourrai sembler ignorer cette provocation, mais ce silence laisserait penser " qui ne dit mot, consent » 

Je vous demande donc instamment de publier ce droit de réponse de façon à rétablir la vérité en exposant un résumé des faits.

Pour présenter la situation, il convient de dire qu’à l’origine et par acquisition de la commune de Montendre, la source de l’Essert est devenue un domaine public. La commune de Montendre avait fait bâtir en son temps la fontaine et elle n’avait jamais contesté la propriété privée l’entourant et appartenant aux aïeux de M. Denis.

C’est pourquoi en 1985, M. Denis, libre de son bien, a décidé de me vendre du terrain aux abords de la fontaine. Nous avons convenu de faire intervenir un homme de l’art indépendant, un géomètre DPLG de surcroit. Nous avons fait confiance au géomètre : La commune n’était pas concernée dans cette affaire.

Je n’ai jamais cherché à acheter ou à m’approprier la fontaine bâtie et cadastrée contrairement aux allégations supposées.

De même qu’il m’avait vendu du terrain, M. Denis a vendu en 1991 à la commune, le terrain jouxtant la fontaine et ma propriété.

En novembre 2001, je n’étais plus Maire délégué, la commune a décidé de confier à un géomètre DPLG le bornage des parcelles. Dans la partie aujourd’hui litigieuse, de nouvelles bornes ont été posées en lieu et place des anciennes, un document d’arpentage a été signé par le représentant du Maire de Montendre confirmant les limites séparatives.

En 2004 la commune n’a pas respecté les dites limites séparatives. J’avais proposé une solution amiable qui n’a pas abouti. La justice a été saisie: le Tribunal Administratif de POITIERS a fait droit à ma requête. La commune a déposé une requête d'appel qui est en cours d'instruction.

Daniel Fradon

- o – o – o -

Ce droit de réponse n'a pas été publié dans l'hebdomadaire

« La Haute Saintonge »


 

- o – o – o – o – o – o – o – o – o – o – o – o – o – o – o – o – o – o – o – o – o -


 

COMMENTAIRE DE LA CAGOUILLE LIBRE :

NOUS SOMMES TOUS EN DROIT DE NOUS POSER CERTAINES QUESTIONS


 

- Sommes-nous certains de l'indépendance et de l'impartialité de la presse locale vis-à-vis des pouvoirs politiques locaux ?

L' hebdomadaire dont il est question bénéficie chaque année de la publication du « VACANCIER » financé par des fonds publics , et qui lui rapporte d'importants subsides

- Au nom de la sacro-sainte Egalité Républicaine, la parole d'un simple citoyen aurait-elle moins de valeur que celle d'un élu, de surcroît parfois mal élu, qui bénéficie lui de l'incroyable privilège d'être cru par avance sur simple parole ?

 

 

?

 

 

 

Classé dans : Articles les plus lus, Société, Montendre, Haute Saintonge, Démocratie - Mots clés : aucun - aucun commentaire

LES POLITIQUEURS

Rédigé par Vingtras - 21 août 2016

 

 

 

 

*

 

*      *

 

 

Vingtras, un ami fraternel de votre gastéropode préféré, nous a transmis ce délicieux petit billet inspiré d'une certaine période historique, et concernant celle que nous vivons. Vingtras, féru d'histoire, n'a pas résisté au plaisir d'évoquer  "Le cri du Peuple" ,le célèbre journal de Jules Vallès.

 

A la faveur de cet intéressant rapprochement historique , nous voyons là encore que l'Histoire ne se répète pas, mais qu'elle balbutie réellement, et que certains principes fondamentaux demeurent obstinément intangibles...Comme l'est par ailleurs la nature humaine...

 

*

 

*      *

 

Dans les jours qui viennent vont se multiplier les candidatures au grand casting électoral de 2017 tout en sachant que les dés sont pipés par les règles de cooptation de la République bourgeoise qui entend bien conserver le pouvoir pour le compte des classes possédantes...


 

Le titre de ce billet est emprunté à Pierre Denis, rédacteur-en-chef du CRI DU PEUPLE, le journal de Jules Vallès pendant la Commune de Paris car ce néologisme me semble parfaitement convenir aujourd'hui à toutes celles et à tous ceux qui ont décidé de se jeter à l'eau pour essayer de gagner la médaille d'or de l'Elysée.

Loin de moi l'idée de les mépriser ou de les dénigrer mais je veux tout simplement faire cette remarque inhérente à la nature même de la compétition : solliciter la confiance de ses concitoyens est sans aucun doute une noble entreprise, mais entrer dans un jeu dont les règles ont été fixées pour que cette consultation soit biaisée et récupérée par le poids des forces conservatrices, c'est cautionner un déni de démocratie.

Déja le 25 mars 1871, le Comité central républicain de la Garde nationale appelait les Parisiens pour élire le Conseil de la Commune et n'hésitait pas à alerter les futurs électeurs sur les pièges du vote nominal :


 

"Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant de votre propre vie, souffrant des mêmes maux.

Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leur propre intérêt, et finissent toujours par se considérer comme indispensables.

Défiez-vous des parleurs, incapables de passer à l'action ; ils sacrifieront tout à un discours, à un effet oratoire ou à un mot spirituel.

Evitez également ceux que la fortune a trop favorisés, car trop rarement celui qui possède la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère.

Enfin, cherchez des hommes aux convictions sincères, des hommes du peuple, résolus, actifs, ayant un sens droit et une honnêteté reconnue. Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste, et c'est aux électeurs à connaître leurs hommes, et non à ceux-ci à se présenter.

Nous sommes convaincus que, si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire, vous aurez trouvé des mandataires qui ne se considéreront jamais comme vos maîtres."


 

*

 

*      *


 

On m'a vivement reproché de me retrancher sur l'Aventin et d'être trop passéiste, mais cette foire aux vanités où nous allons être plongés n'est-elle pas l'occasion d'inscrire l'exigence républicaine dans l'inquiétude pour notre démocratie menacée d'implosion ?


 

VINGTRAS

Classé dans : Articles les plus lus, Histoire, Démocratie, Politique - Mots clés : aucun - 2 commentaires

COMMUNIQUÉ DE NUIT DEBOUT

Rédigé par Collectif citoyen - 04 août 2016

 

Nuit Debout , mouvement citoyen non violent, nous fait parvenir ce communiqué .

Chers amis cagouillardes et cagouillards, il est tout naturel que la Cagouille Libre, site de libre expression citoyenne, vous en fasse part.

 

-o-o-o-

 

-o-o-o-

Nuit Debout, mouvement citoyen non violent

 

Nuit Debout. Deux mots qui ont fait couler beaucoup d'encre depuis le 31 mars 2016. Deux mots qui symbolisent la naissance d'un mouvement inédit, d'abord sur la place de la République, puis en France et dans le reste du monde. Nuit Debout est multiple et donc insaisissable. Nuit Debout ne revendique rien mais veut tout. Nuit Debout n'a pas de leader, elle est insoumise. Durant ces quatre prochaines semaines, Gazette Debout, le journal indépendant de Nuit Debout, va vous faire revivre l'histoire de ce mouvement grâce à une sélection des meilleurs de ses 700 articles. Voici l'épisode 1. Bonne lecture.

 

Avril, Naissance d'un mouvement inédit ?

 

Le soir du 31 mars 2016, nous ne sommes pas rentrés chez nous. Ecoutant l’appel du journal Fakir et du collectif Convergences des Luttes, des centaines de personnes se sont rassemblées place de la République après une manifestation contre le projet de loi travail. Mais la contestation était bien plus vaste que la seule opposition au projet de Myriam El Khomri. Chaque soir, place de la République, des centaines de personnes se rassemblaient pour discuter, échanger, réfléchir et imaginer les bases d'un monde nouveau.  

 

Gazette Debout est née le 12 avril pour témoigner de toutes les initiatives nées ici, qui ne trouvaient aucun écho dans les médias traditionnels. Nous voulions témoigner de la vie de ce village qu'était devenue la place de la République.  

Très vite, nous avons reçu nos premières tribunes et avons publié nos premiers articles sur les bénévoles qui s’activaient pour nourrir ou pour soigner les participants aux assemblées.

 

Ces militants, baptisés Nuitdeboutistes, sont rapidement partis soutenir d’autres luttes, comme celle des intermittents de la Comédie Française. Des rassemblements spontanés se sont également formés devant le théâtre de l’Odéon, violemment réprimés par les CRS.

Au-delà de Paris, Nuit Debout a rapidement essaimé dans toute la France et Gazette Debout s’est efforcée de relayer toutes ces initiatives locales, avec un reportage à Lyon et une rubrique dédiée aux villes de région.

Ce mouvement spontané n'a bien entendu pas plu aux autorités qui ont tout fait pour décourager les Nuitdeboutistes, en interdisant toute installation pérenne sur la place de la République. Malgré cela, les sympathisants ont continué à affluer, toujours plus nombreux soirée après soirée. Les premières semaines ont été très agitées et les CRS ont fini par faire partie du décor.

 

Nuit Debout était bien entendu de toutes les manifestations contre le projet de loi Travail. Des défilés particulièrement violents qui ont engendré de nombreux témoignages, pour certains très émouvants.

Lors de ces manifestations, les blessés étaient pris en charge par les Street Médics, ces bénévoles qui risquent leur vie pour sauver celle des autres. Ils sont en première ligne pour juger de l’ampleur croissante des violences policières. L’un des articles les plus consultés de Gazette Debout est d’ailleurs le témoignage d’Aline, une Street Médic expérimentée décrivant le chaos lors de la manifestation du 28 avril, et s’interrogeant sur le silence des grands médias à propos de ces violences. Alexandre, un bénévole rencontré au mois de juin va même plus loin, estimant que les CRS sont devenus une milice d’état.

 

Mais Nuit Debout ne se cantonne pas seulement aux problématiques de contestation sociale. Sur la place sont nées une foule d’initiatives positives, créatives et originales. Ainsi, des centaines de musiciens bénévoles se sont réunis à cinq reprises pour un grand concert symphonique au pied de la statue de la République. L’Orchestre Debout espère ainsi « redonner espoir à des générations entières ».

 

Gazette Debout n'est pas le seul média né place de la République. TV Debout et Radio Debout diffusent quotidiennement les débats de l'assemblée générale, ainsi que des reportages et des interviews.

Depuis le 4 avril, les équipes de TV Debout sont quotidiennement présentes sur la place. Près de 160 personnes sont passées à l'antenne en quatre mois, comme le célèbre historien Benjamin Stora. Pour cet ancien soixante-huitard, Nuit Debout était un peu sa Madeleine de Proust révolutionnaire. Une interview passionnante à visionner sans tarder.

Radio Debout a de son coté compilé une trentaine d'extraits de ses meilleurs moments, comme cette interview d'Edgar Morin, philosophe, sociologue et témoin éclairé de l’émulation initiée par Nuit Debout. Regard affûté et langue déliée, il livre au micro de Radio Debout son analyse d’un mouvement qu’il n’hésite pas à comparer au forum romain ou à l’agora grecque ; heureux de constater que « les citoyens reprennent la parole ». Il en appelle à une coordination entre les événements qui s’organisent à Paris et ailleurs en France, en Europe et dans le monde. Evoquant Podemos ou Occupy Wall Street, il estime que Nuit Debout « est peut-être la plus intéressante car elle a pris un territoire éminemment symbolique et a réussi à y rester, à féconder d’autres mouvement en province, en banlieue ». Il rappelle d’ailleurs que « la vraie mondialisation ce n’est pas d’imposer le modèle occidental sous le nom de développement, mais de faire la synthèse de ce qu’il y a de meilleur dans les différentes civilisations ». Environnement, éducation, mondialisation, Palestine : l’analyse d’Edgar Morin se frotte à chacun des thèmes discutés par les participants de Nuit Debout. A écouter – et à réécouter sans modération ici.

 

 

C'est la fin de notre premier épisode. Pour suivre les informations de Nuit Debout, retrouvez Gazette Debout sur Twitter et Facebook et sur notre site : 

http://gazettedebout.fr/

 

 

 

Baki Youssoufou