LES JOURS HEUREUX

Rédigé par J-P Négrel - 06 septembre 2016

 

Le trône présidentiel sera bientôt vacant...

Voici donc revenu le temps de la grande débauche des projets innovants et constructifs, du grand déballage des promesses qui bien entendu, seront tenues, on vous le jure ....

Voici revenu le temps des déclarations définitives, des grandes proclamations d'indubitables compétences vérifiées et vérifiables comme il se doit.

Voici revenu le temps de l'abnégation personnelle proclamée, le temps des généreux engagements personnels totalement désintéressés, voués exclusivement au service de la France Eternelle bientôt sauvée grâce à la réalisation de tous ces projets qui nous émerveillent ... Et qui se répètent à l'infini...

Voici revenu le temps de l'oubli , celui du bilan des objectifs réellement atteints dans tous les domaines, grâce à l'action forcément très efficace et compétente de ceux pour qui l'électeur a déjà donné souvent maintes fois.

Ah ! Amnésie ! Que de carrières politiques tu as pu ainsi perpétuer ! Et combien tu perpétueras encore, c'est assuré !

 

Voici le temps, peut-être, de se remémorer ce à quoi s'étaient fermement engagés tous ensemble, des Français Résistants qui , après avoir souffert du nazisme durant les années noires, voulaient ardemment une France plus juste, plus forte, plus fraternelle, plus démocratique.

 

Voici donc le texte intégral élaboré dans la clandestinité et adopté le 15 mars 1944, intitulé « Les jours heureux », le programme du Conseil national de la résistance (CNR) .


 

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Le lecteur pressé pourra se rendre directement au texte en bleu qui résume l'essentiel du projet nous concernant actuellement .

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QUESTIONS A PROPOS DE CE PROGRAMME


 

Que constatons-nous  ? Ne serions-nous pas dans bien des domaines, dans une phase de non-réalisation, voire de régression par rapport à ce programme ? Est-ce que la volonté exprimée fermement par la Résistance , ses idéaux exprimés avec passion,sont pleinement respectés ? Faudra-t-il instituer une Nouvelle Résistance ?

Certains candidats à la magistrature suprême ne se déclarent-t ils pas volontiers être les héritiers de la pensée et de l'action d'un certain Général, signataire du texte ? Pensent-ils être fidèlement en cohérence, en concordance , avec l'esprit et la lettre de cet héritage ?  Ceci eu égard à leurs actions passées, présentes, et à venir, notamment à la faveur du  projet politique personnel qu'il proposent actuellement?

 

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Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n'a pas d'autres raisons d'être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.

Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n'est, en effet, qu'en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l'image de sa grandeur et la preuve de son unité.

Aussi les représentants des organisations de la Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du CNR, délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s'unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d'action immédiate contre l'oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.

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I - Plan d'action immédiate

Les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du CNR :

Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la nation que l'oppresseur hitlérien poursuit avec l'aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d'un million de prisonniers, par la déportation d'ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l'emprisonnement de 300 000 Français et par l'exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50 000 sont tombés pour la France.

lls proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l'armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d'abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l'avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l'envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.

Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l'espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l'Europe, a placés dans leur volonté d'abattre l'Allemagne nazie, par le déclenchement d'opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l'épreuve décisive.

Ils insistent auprès du Comité français de la libération nationale pour qu'il mette tout en ouvre afin d'obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la résistance ne veulent pas et d'ailleurs ne peuvent pas se contenter d'une attitude passive dans l'attente d'une aide extérieure, mais qu'ils veulent faire la guerre, qu'ils veulent et qu'ils doivent développer leur résistance armée contre l'envahisseur et contre l'oppresseur.

Ils constatent, en outre, que la Résistance française doit ou se battre ou disparaître ; qu'après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l'offensive des Français contre l'ennemi lui permettront de subsister et de vaincre.

Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l'ampleur des arrêts de travail le 11 novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l'union des patrons et des ouvriers, l'échec infligé au plan de déportation des jeunes Français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l'appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant-garde de l'armée de la libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu'il doit poursuivre et accroître cette lutte.

En conséquence, les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du CNR :

Déclarent que c'est seulement par l'organisation, l'intensification de la lutte menée par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l'union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l'a dit le général de Gaulle, de l'insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le CNR, sous l'autorité du CFLN, dès que les circonstances politiques et militaires permettront d'assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.

Ils ont l'espoir que les opérations de la libération du pays, prévues par le plan de l'état-major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l'aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l'ennemi commun, ainsi que l'a démontré l'exemple glorieux des patriotes corses.

Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l'armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.

Pour mobiliser les ressources immenses d'énergie du peuple français, pour les diriger vers l'action salvatrice dans l'union de toutes les volontés, le CNR décide :

D'inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d'entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n'existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.

Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la libération (CDL). Ils seront soumis à l'autorité des CDL qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d'action et la ligne politique déterminée par le CNR.

Le but de ces comités sera, à l'échelon communal, local et d'entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l'ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l'assistance active à l'égard des patriotes sous l'impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par-dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d'entraîner les Français qu'ils auront su grouper à l'action armée pour la libération.

Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les CDL, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d'oppression et d'exploitation imposées par l'ennemi, de l'extérieur et de l'intérieur.

Ces comités devront :

1) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l'ennemi et augmentant le potentiel humain de la Résistance ;

2) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la milice de Darnand ainsi que les mouchards et les traîtres ;

3) Développer l'esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;

4) Développer, d'une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés ; d'autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;

5) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des grèves, afin d'obtenir l'augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l'ennemi, de façon à rendre à la population un minimum de vital en matière d'alimentation, de chauffage et d'habillement ;

6) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers, des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;

7) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d'installations industrielles pour le compte de l'ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l'ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;

8) Défendre à l'intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l'Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.

Tout en luttant de cette façon et grâce à l'appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d'entreprises devront en outre :

a) Renforcer les organisations armées des Forces françaises de l'intérieur par l'accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ;

b) En accord avec les états-majors nationaux, régionaux et départementaux des FFI, organiser des milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l'encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l'ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l'établissement effectif de l'autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux FFI dont l'autorité et la discipline doivent être respectées par tous.

Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le CNR prescrit que l'état-major national des Forces françaises de l'intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les alliés en cas de débarquement, doit :

1) Donner ordre à toutes les formations des FFI de combattre dès maintenant l'ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d'armes et de munitions afin d'en pourvoir les patriotes encore désarmés ;

2) Faire distribuer les dépôts d'armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l'avenir immédiat ;

3) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l'échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d'efficacité ;

4) Coordonner l'action militaire avec l'action de résistance de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d'appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d'empêcher les réquisitions de vivres et d'installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l'occupant provisoire.

Ainsi, par l'application des décisions du présent programme d'action commune, se fera, dans l'action, l'union étroite de tous les patriotes, sans distinction d'opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l'insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.

Ainsi, par l'effort et les sacrifices de tous, sera avancée l'heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d'immenses richesses pourront être préservées.

Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d'entreprendre au lendemain de la Libération la plus grande ouvre de reconstruction et de rénovation de la patrie.

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II - Mesures à appliquer dès la libération du territoire

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en ouvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du CNR proclament qu'ils sont décidés à rester unis après la Libération :

1) Afin d'établir le gouvernement provisoire de la République formé par le général de Gaulle pour défendre l'indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l'éviction dans le domaine de l'administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l'ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

3) Afin d'exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l'établissement d'un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d'occupation ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l'armistice par les gouvernements de l'axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

4) Afin d'assurer :

- l'établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

- la pleine liberté de pensée, de conscience et d'expression ;

- la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l'égard de l'État, des puissances d'argent et des influences étrangères ;

- la liberté d'association, de réunion et de manifestation ;

- l'inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

- le respect de la personne humaine ;

- l'égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :

- l'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie ;

- une organisation rationnelle de l'économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l'intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l'image des États fascistes ;

- l'intensification de la production nationale selon les lignes d'un plan arrêté par l'État après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;

- le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurances et des grandes banques ;

- le développement et le soutien des coopératives de production, d'achats et de ventes, agricoles et artisanales ;

- le droit d'accès, dans le cadre de l'entreprise, aux fonctions de direction et d'administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l'économie.

b) Sur le plan social :

- le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l'amélioration du régime contractuel du travail ;

- un rajustement important des salaires et la garantie d'un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d'une vie pleinement humaine ;

- la garantie du pouvoir d'achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ;

- la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d'un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l'organisation de la vie économique et sociale ;

- un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l'État ;

- la sécurité de l'emploi, la réglementation des conditions d'embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d'atelier ;

- l'élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l'expérience de l'Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu'aux salariés de l'industrie, par un système d'assurance conte les calamités agricoles, par l'établissement d'un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d'accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d'un plan d'équipement rural ;

- une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;

- le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l'instruction et d'accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l'efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.

Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l'action gouvernementale.

L'union des représentants de la Résistance pour l'action dans le présent et dans l'avenir, dans l'intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l'ennemi.

En avant donc, dans l'union de tous les Français rassemblés autour du CFLN et de son président le général de Gaulle !

En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que vive la France !

Le Conseil national de la Résistance

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LES POLITIQUEURS

Rédigé par Vingtras - 21 août 2016

 

 

 

 

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Vingtras, un ami fraternel de votre gastéropode préféré, nous a transmis ce délicieux petit billet inspiré d'une certaine période historique, et concernant celle que nous vivons. Vingtras, féru d'histoire, n'a pas résisté au plaisir d'évoquer  "Le cri du Peuple" ,le célèbre journal de Jules Vallès.

 

A la faveur de cet intéressant rapprochement historique , nous voyons là encore que l'Histoire ne se répète pas, mais qu'elle balbutie réellement, et que certains principes fondamentaux demeurent obstinément intangibles...Comme l'est par ailleurs la nature humaine...

 

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Dans les jours qui viennent vont se multiplier les candidatures au grand casting électoral de 2017 tout en sachant que les dés sont pipés par les règles de cooptation de la République bourgeoise qui entend bien conserver le pouvoir pour le compte des classes possédantes...


 

Le titre de ce billet est emprunté à Pierre Denis, rédacteur-en-chef du CRI DU PEUPLE, le journal de Jules Vallès pendant la Commune de Paris car ce néologisme me semble parfaitement convenir aujourd'hui à toutes celles et à tous ceux qui ont décidé de se jeter à l'eau pour essayer de gagner la médaille d'or de l'Elysée.

Loin de moi l'idée de les mépriser ou de les dénigrer mais je veux tout simplement faire cette remarque inhérente à la nature même de la compétition : solliciter la confiance de ses concitoyens est sans aucun doute une noble entreprise, mais entrer dans un jeu dont les règles ont été fixées pour que cette consultation soit biaisée et récupérée par le poids des forces conservatrices, c'est cautionner un déni de démocratie.

Déja le 25 mars 1871, le Comité central républicain de la Garde nationale appelait les Parisiens pour élire le Conseil de la Commune et n'hésitait pas à alerter les futurs électeurs sur les pièges du vote nominal :


 

"Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant de votre propre vie, souffrant des mêmes maux.

Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leur propre intérêt, et finissent toujours par se considérer comme indispensables.

Défiez-vous des parleurs, incapables de passer à l'action ; ils sacrifieront tout à un discours, à un effet oratoire ou à un mot spirituel.

Evitez également ceux que la fortune a trop favorisés, car trop rarement celui qui possède la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère.

Enfin, cherchez des hommes aux convictions sincères, des hommes du peuple, résolus, actifs, ayant un sens droit et une honnêteté reconnue. Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste, et c'est aux électeurs à connaître leurs hommes, et non à ceux-ci à se présenter.

Nous sommes convaincus que, si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire, vous aurez trouvé des mandataires qui ne se considéreront jamais comme vos maîtres."


 

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On m'a vivement reproché de me retrancher sur l'Aventin et d'être trop passéiste, mais cette foire aux vanités où nous allons être plongés n'est-elle pas l'occasion d'inscrire l'exigence républicaine dans l'inquiétude pour notre démocratie menacée d'implosion ?


 

VINGTRAS

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QUE NOUS RESTE-T-IL DE L'HERITAGE DU PROGRAMME DU CNR ?

Rédigé par J-P Négrel - 11 juin 2015

 

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Le Panthéon vient d'accueillir symboliquement sous sa coupole quatre Résistants à l'oppression nazie : Pierre Brossolette , Geneviève de Gaulle-Anthonioz , Germaine Tillion, Jean Zay. Quatre personnalités rejoignant ainsi l'ombre glorieuse de la véritable Elite des humanistes et acteurs du Progrès Humain au pays des Droits de l'Homme.

 

A cette occasion, la mémoire de Jean Moulin fut , à juste titre, maintes fois évoquée. Ceci nous donne l'opportunité de revenir sur le contexte historique de la Résistance et du Conseil National de la Résistance (CNR) .Car nous sommes tous redevables au CNR du considérable programme économique et social qu'il élabora afin que notre pays, selon ses propres termes, connaisse un ordre social plus juste .

 

Pour la petite histoire, Jean Moulin et ses compagnons auraient été fort surpris s'ils en avaient eu la possibilité dans les années 70, de lire dans une rue du 11 ème arrondissement de Paris, tracée à la peinture verte sur un mur gris, cette inscription : « CNR veille ». Humble trace, surprenant et persistant témoignage historique que personne n'avait eu l'idée d'effacer. D'ailleurs, cette inscription avait-elle encore un sens ou une signification précise pour le passant d'alors?

 

Pour mémoire, qu'était le CNR ?

 

En 1943, à Paris, à l'initiative et sous l'impulsion de Jean Moulin et du général de Gaulle,les mouvements de résistance à l'oppression nazie et au régime de Vichy s'unifièrent au sein du Conseil National de la Résistance.

Le CNR regroupait au total 16 organisations de gauche, du centre et de droite, composant ou reconnaissant la France Libre:

- huit mouvements de résistance intérieure : “Combat”, “Libération zone Nord”, “Libération zone Sud”, “Francs-tireurs partisans (FTP)”, “Front national” (totalement différent du Front national actuel), “Organisation civile et militaire” (OCM), “Ceux de la Résistance” (CDLR), “Ceux de la Libération” (CDLL) ;

-   - deux grandes confédérations syndicales de l’époque : CGT et CFTC ;

- six représentants des principaux partis politiques : parti communiste, parti socialiste, radicaux, droite républicaine, démocrates-chrétiens (PDP).

 

A l'image de ses différentes composantes,refusant la défaite,le CNR s'était donné pour mission dans un premier temps, de chasser l'occupant nazi de notre pays, puis de punir les traîtres et les tortionnaires du régime de Vichy, et de rétablir en France la république et la démocratie. Une fois la Libération accomplie, le programme du CNR approuvé en assemblée plénière le 15 mars 1944, Gauche, Centre et Droite réunis, prévoyait également l'application et la mise en oeuvre d'un important volet économique et social .

 

Les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.

 

Ainsi est annoncé, précisé et libellé par le CNR dans son programme, l'ensemble des mesures destinées à réparer toutes les souffrances subies, et à rendre au Pays un visage humain, juste et démocratique, dans la plénitude de sa devise Liberté, Egalité, Fraternité.

 

« Les jours heureux »

 

C'est ainsi que le CNR surnommera son programme social, dont on peut résumer les points les plus importants .

 

Sur les puissances d'argent :

-la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l'égard de l’Etat, des puissances d'ar­gent et des influences étrangères ;

 

l'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et finan­cières de la direction de l’économie;

 

Sur les nationalisations :

- le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruits du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous‑sol, des compagnies d'assurances et des grandes banques;

 

Sur la cogestion des entreprises

le droit d'accès, dans le cadre de l'entreprise, aux fonctions de direction et d'administration, pour les ouvriers possédant les qualifi­cations nécessaires, et la partici­pation des travailleurs à la direc­tion de l'économie.

 

Sur le droit du travail

- le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablis­sement et l'amélioration du régime contractuel du travail ;

la sécurité de l'emploi, la régle­mentation des conditions d'em­bauchage et de licenciement, le réta­blissement des délégués d'atelier;

 

un rajustement important des salaires et la garantie d'un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d'une vie pleinement humaine ;

 

- une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours.

 

Sur la protection sociale

un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l'Etat .

 

Sur le monde agricole

l'élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agri­coles rémunérateurs, améliorant et généralisant l'expérience de l'Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agri­coles les mêmes droits qu'aux sala­riés de l'industrie, par un système d'assurance contre les calamités agricoles, par l'établissement d'un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d'ac­cession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d'un plan d'équipement rural .

 

 

Sur l'égalité

- La possibilité effective pour tous les enfants français de béné­ficier de l'instruction et d'accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de nais­sance mais de mérite, et cons­tamment renouvelée par les apports populaires ;

l'égalité absolue de tous les citoyens devant la loi .

 

Partisans et adversaires

 

En 2004, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey, lançaient un appel pour le 60 ème anniversaire du programme du CNR afin que soient perpétués ses acquis et son héritage gravement remis en question selon eux.

 

Citation : Denis Kessler, vice-président du MEDEF en 2007

Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie.

Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance” 

(Revue CHALLENGES, 4 octobre 2007)

 

Questionnements

 

Quelle serait l'analyse de Jean Moulin et de ses compagnons , de ces héros de la Résistance et du Conseil National de la Résistance ? Quel serait leur constat à propos de ce qu'il nous reste de l'héritage du programme économique et social du CNR que, tous unis, ils avaient élaboré ? Quelle serait leur réaction face à la destruction systématique de ce programme ? De quelle façon interpelleraient-ils ceux qui se réclament de nos jours de la mémoire de Jaurès et du général de Gaulle ?

 

Faut-il déplorer les atteintes graves et répétées faites au Code du Travail, à la protection sociale dans son ensemble, à la santé publique devenue inaccessible pour certains, aux libertés publiques et individuelles ?

 

Faut-il s'insurger face à l'impuissance des gouvernements devant l'intolérable mainmise de la finance , des multinationales et des groupes de pression que l'on nomme les « lobbies » sur l'économie , les normes sociales et environnementales , en un mot sur notre sort commun?

 

Faut-il dénoncer la confiscation de la république par certains professionnels de la politique qui font trop souvent de notre démocratie une grotesque caricature, une oligarchie incapable de régler les véritables problèmes ?

 

Faut-il exiger la préservation du Bien Commun, des « bijoux de famille », placer ce qui reste de Services Publics à l'écart des appétits privés, ou exiger leur retour dans le giron de l'Etat ?

 

Faut-il dénoncer un système de plus en plus inégalitaire dans les domaines de l'éducation, de la promotion sociale, et de celui d'une justice trop souvent bienveillante à l'égard des « puissants » ?

"Selon que vous serez puissants ou misérables..."

 

Faut-il s'insurger encore contre l' intolérable montée de la pauvreté , contre l'explosion de la précarité, contre le creusement toujours plus profond du véritable fossé des inégalités de revenus,  et contre une participation à la Contribution Nationale de plus en plus lourde pour les classes moyennes, à laquelle les plus riches échappent scandaleusement ?

 

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L'HISTOIRE N'A-T-ELLE PAS MARCHÉ A L'ENVERS ?

 

Est-il pessimiste de craindre objectivement que l'Espérance soit difficile à trouver quelque part à notre époque où la « crise » et la mondialisation servent de faire-valoir, d'alibi à la dégradation générale?

La réponse est : contre vents mauvais ultralibéraux et marées financières, ramons ensemble gaillardement !

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JAURES TRAHI, OU INCOMPRIS ?

Rédigé par J-P Négrel - 17 juillet 2014

Ainsi se déposent peu à peu dans un coeur d'homme les éléments troubles dont se forme la trahison.
Jean Jaurès

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C'est une constante tragique dans l'histoire de l'Humanité. La pensée et l'action des humanistes authentiques , grands ou modestes, philosophes, hommes et femmes de progrès et de bonne volonté, ont constamment trouvé face à elles des forces conservatrices rétrogrades parfois très violentes qui ont combattu et freiné avec vigueur la marche en avant de l'Humanité vers un monde plus juste et plus fraternel. Ceci allant souvent jusqu'à l'élimination physique de ces avant-gardistes de progrès.

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Voici un siècle , Jean Jaurès fut assassiné par Raoul Villain. Ce meurtrier, conformément à l'arbitraire qui s'empare trop souvent de notre société et de sa justice, sera ensuite acquitté, et la veuve de Jaurès condamnée aux dépens! Ceci fera écrire à Anatole France : « Travailleurs, Jaurès a vécu pour vous, il est mort pour vous. Un verdict monstrueux proclame que son assassinat n’est pas un crime. Ce verdict vous met hors la loi, vous et tous ceux qui défendent votre cause. Travailleurs, veillez ! »

Villain emprisonné échappera à la boucherie de la guerre 1914-1918, tandis que le fils unique de Jean, Louis Jaurès, tué en 1918, n'en reviendra pas...

 

Jaurès et sa mémoire, dès à présent victimes de quatre trahisons du Destin !

 

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Certains trouvaient cela normal...

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BREF SURVOL DE LA PENSEE DE JAURES

 

La cagouille libre ne prétend pas analyser ici l'oeuvre complète de Jean Jaurès. Des historiens et exégètes plus compétents s'en sont évidemment chargés par ailleurs, et continueront certainement à le faire. Simplement, quelques extraits avec commentaires très courts, et quelques pistes sur internet pour orienter éventuellement la documentation personnelle des lecteurs de l'étrange gastéropode...

Bien sûr,le contexte économique et le contexte politique ont beaucoup changé, le langage parfois également, mais les principes fondamentaux demeurent intangibles.

 

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Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots
Ne pourrions-nous pas, à notre époque, voir là l'une des caractéristiques de ce que nous appelons « la langue de bois » ?
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Parce que le milliardaire n'a pas récolté sans peine, il s'imagine qu'il a semé
On imagine que parfois la peine du milliardaire n'est pas de même nature que celle du salarié. Mais le salaire du milliardaire, qui devient rente automatique n'est pas non plus comparable. Il faut se rappeler que seulement 1 million d'euros correspond sensiblement à l'équivalent de 60 années de SMIC ! On imagine alors que la peine du pauvre milliardaire, qui n'en a toujours pas assez et en veut toujours plus, c'est de se demander quotidiennement comment pouvoir dépenser tout cet argent...Eh bien figurez-vous, il paraît qu'il ne se pose même pas la question !
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A PROPOS DE PENIBILITE AU TRAVAIL
… /... surtout abaisser à 60 ans l’entrée en jouissance de la retraite pour l’ensemble des salariés, l’abaisser au dessous de 60 ans pour les salariés des industries particulièrement insalubres ou épuisantes comme la verrerie et de compléter l’assurance contre la vieillesse par l’assurance contre l’invalidité sans condition d’âge.
Laborieuses sont les négociations actuelles dans ce domaine, plus d'un siècle après...
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DE LA DEMOCRATIE
/...et maintenant, sous la forme républicaine, c’est bien le peuple qui gouverne par le suffrage universel. Il dépend de lui de conquérir le pouvoir.
Le rêve de Jaurès s'est-il réalisé ?Le peuple possède-t-il vraiment le pouvoir ? Ou sont-ce d'autres forces, par exemple comme il y a 100 ans, et depuis toujours,les forces de la finance qui ont toujours le dernier mot ? Nous donne-t-on à nous citoyens, vraiment, à chaque échelon ou étape de la démocratie, le pouvoir qui théoriquement nous revient ? Que deviennent les promesses que l'on nous a faites avant le scrutin ? Ne pouvons-nous pas exiger un bilan personnel réel et objectif de l'action politique de l'élu en cours ou en fin de mandat afin de lui permettre ou non de se représenter ? Pourquoi ré-élisons-nous souvent des personnes objectivement corrompues ? Est-ce là une sorte de prime à la casserole que nous leur accordons ? A quand le mandat unique limité dans le temps, non renouvelable à l'infini ? Avec toutes ces mesures, ne nous retrouverions-nous pas enfin dans une authentique République dont le visage serait embelli , et une vraie démocratie qui ne serait plus confisquée par des professionnels de la politique trop souvent vénaux et hantés par l'obsession du pouvoir ?
Un exemple de manque d'exemplarité
Que dirait le vieux Jaurès de ce qui s'est déroulé récemment dans notre beau département maritime à l'occasion des futures élections sénatoriales ? Le parti de ceux qui se prétendent ses légitimes héritiers, qui, sans vergogne, violent les lois élémentaires de la démocratie en méprisant notamment ses propres militants et leur scrutin, ainsi que l'accord national conclu avec un parti ami, afin de pouvoir caser un copain. Et vraiment pas l'un des meilleurs ni des plus compétents ! Mystères, décadence , et petits arrangements à l'intérieur du monde politique...
Il serait bon qu'un jour prochain peut-être, la justification de telles pirouettes antidémocratiques, si justification légitime il peut y avoir, soit fournie. Car comme l'a dit Jaurès :
Le courage, c'est de dire la vérité, c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho , de notre âme, de notre bouche et de nos mains , aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.
En l'espèce, les applaudissements en question , les auteurs auto-satisfaits de cette incroyable désinvolture,se les sont sans vergogne attribués à eux-mêmes.
Et lorsque , pour propulser l'un des leurs, les mêmes, sans aucune justification, méprisent le scrutin de leurs propres militants, simples "piétons de base" au service de la promotion politique de l"élite", ces gens là feraient bien de mûrir cette pensée de Jaurès:
La République, c'est le droit de tout homme [...] à avoir sa part de souveraineté.
Oui, vraiment avec de tels héritiers, l'héritage de Jaurès semble être dans de bien mauvaises mains, spécialement dans notre maritime département ...
Un autre exemple du mépris pour la démocratie
Pour faire bonne mesure et ne pas avoir l'air sectaire, on pourrait par exemple aussi citer ce qui s'est passé également dans le parti d'en face lors d'élections internes récentes , qui donne l'impression que toutes ces places sont bonnes à prendre et rapportent bien...comme on l'a vu également.
Et puis ne pas oublier dans le même camps, ce personnage alors leader, celui qui voulait supprimer les juges d'instruction...pour quelles mystérieuses raisons ? Le même qui n'eut cure du vote des bons citoyens qui rejetèrent majoritairement le TCE, lequel il leur fit avaler tout cru sans les consulter...
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Je n'ai jamais séparé la République des idées de justice sociale, sans laquelle elle n'est qu'un mot.
Avons-nous le sentiment en 2014, qu'ici et là, sur notre échiquier politique, l'idée de justice sociale est une préoccupation majeure ? En dehors de nos régimes sociaux constamment remis en cause,ne passe-t-elle pas notamment par la notion de justice fiscale ?Par exemple,c'est la crise ! Nous devons la payer, notamment à la place de ces courageux patriotes réfugiés à l'étranger pour ne pas payer leur contribution à la Mère Patrie qui autrefois les a élevés, formés ,soignés, et lancés dans leur carrière. Ou bien à la place de ce que l'on appelle des « lobbies », aussi bien dans la restauration rapide que dans le tabac, la banque,le pétrole etc... qui sont très actifs à Bruxelles et ici même en France. Ou encore payer à la place de ces sociétés au siège social fantôme basé au Luxembourg, patrie de notre honorable président de la Commission Européenne. Sans oublier la riche île de Jersey, les paradis fiscaux pour multinationales et trusts internationaux, tels la Suisse , les Caïmans bien nommés,etc, etc...au total une soixantaine de paradis fiscaux promus par des "spécialistes de l'optimisation fiscale" qui se réunissent en toute impunité et se congratulent et se récompensent entre eux chaque année à Londres !

1925...rien de changé!
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A PROPOS DES NATIONALISATIONS
Tous les accapareurs, tous les monopoleurs, tous ceux qui, après avoir volé à la nation de magnifiques richesses, voudraient accaparer, monopoliser et voler encore , tous ceux qui guettent,  pour des concessions nouvelles, les minerais de l’Ouenza, le charbon et les minerais de Meurthe-et-Moselle, l’or de gisements multiples, tous ceux qui veulent, sans être dérangés dans leur spéculation, capter les forces hydrauliques,  génératrices de lumière et de mouvement, tous ceux-là, formés en cohorte, voudraient bien persuader la France que l’Etat démocratique est à jamais incapable de gestion industrielle, et qu’il faut laisser à des compagnies privilégiées les richesses déjà usurpées par elles, leur livrer toutes les richesses nouvelles. 
Jean Jaurès
On voit comment en 2014 et ainsi qu'on le constate depuis plusieurs années, les services publics sont peu à peu démantelés, livrés aux appétits privés au détriment de la qualité de certains de ces services, de leur universalité comme par exemple internet, et également au détriment des tarifs basés sur le système de la péréquation, et à celui des statuts des salariés.
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L'INDEPENDANCE DE LA PRESSE
Dans l’article La curée prochaine, le 30 juin 1909, Jaurès expose la manière dont certains groupes de pression industriels tentent d’acheter la presse. Et pour un Jaurès qui les dénonce, pour un journal qui les rejette, « L'humanité », par exemple,l'on sait combien les accueillirent les bras ouverts… et comment une partie de la presse papier ou télévisée est finalement aux mains de groupes industriels en 2014.
Il est intéressant de noter que cette volonté d'indépendance de la presse vis-à-vis de la puissance industrielle et financière avait été reprise pour être intégrée au programme du CNR en 1944. Comme bien d'autres points de cette pensée de Jean Jaurès.
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CONCLUSION
Jean Jaurès est mort voici un siècle, mais ce très bref aperçu montre que sa pensée demeure vivante. Car l'on ne tue pas une pensée aussi facilement que son auteur, surtout si elle est généreuse, cohérente,réaliste et réalisable.
Et nous avons tous à y puiser d'une manière ou d'une autre. A y puiser et à nous y référer, spécialement ceux qui prétendent la servir en la trahissant de plus en plus fréquemment.
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LIENS
http://www.jaures.eu/category/ressources/de_jaures/
http://www.jean-jaures.org/
http://matthieulepine.wordpress.com/2014/06/25/reforme-ferroviaire-hollande-pietine-de-nouveau-jaures/
http://www.jean-jaures.org/Publications/Essais/L-inegalite-politique-en-democratie
http://www.blog-fillon.com/article-5725575.html

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MERCI MARQUIS !

Rédigé par J-P Négrel - 13 janvier 2014

 

 

Armoiries de la Maison de La Rochefoucauld

 

 

Connaissez-vous un Huguenot originaire de Montendre, qui passa la plus grande partie de sa vie sur la britannique île ? Cherchez bien...Son grand mérite , c'est d'être né avec une particule suivie du patronyme d'une grande famille parmi les plus illustres de France. Au fil des siècles, cette vaste famille très liée à notre histoire nationale, donna pêle-mêle naissance à un célèbre auteur de maximes, ainsi qu'au créateur de l'Ecole des Arts et Métiers et de la Caisse d'épargne, celui-là même qui, un certain 14 juillet, prévint Louis XVI «qu'il ne s'agissait pas d'une révolte, mais d'une révolution »

.

Pour en revenir à ce Montendrais Huguenot , vous le connaissez. Forcément. Ou alors vous n'avez pas suivi l'événement de près ! Le vieux marquis était tranquillement inhumé depuis bien des lustres à l' Abbaye de Westminster après avoir guerroyé longtemps pour le compte de souverains britanniques . Souvenez-vous : sa pierre tombale étant dégradée, l'on dépêcha sur place en urgence, à grands frais pour les contribuables, Madame la Ministre de la culture locale, pour effacer l'outrage. Et l'on inaugura en grandes pompes et à grands frais pour les contribuables, la nouvelle plaque à Westminster. Et urgence, il y avait...il fallait faire vite, car les élections approchant à grands pas, en dehors des derniers travaux habituels tombant à pic au bon moment, il fallait d'urgence redorer le blason local par du spectaculaire ! Il fallait une fois de plus marquer les esprits. Quoi de mieux qu'un marquis pour les marquer ? Et l'on rapatria et inaugura à nouveau en grandes pompes et à nouveau à grands frais pour les contribuables, cette fois en y perdant au change, la plaque d'origine du vieux marquis au château de Montendre. Lequel château est en réalité un don que fit en 1953 la famille Marchand à la commune de Montendre.

 

 

Tout ce cérémonial, forcément sympathique et consensuel, fut l'occasion de rafraîchir quelques notabilités locales un peu fanées, de ressouder un temps quelques maillons de la Chaîne d'Union érodée ici et là. Et de redonner un lustre un peu terni par un quart de siècle de pouvoir élimé à un Edile Suprême toujours gaillard, jamais à court d'idées sans suite. Et dans cette euphorique ambiance,ne sentit-on point passer un léger effluve enivrant de marquisat contrarié ? Et si à Montendre, on avait enfin un vrai et flamboyant marquis, bien vivant  celui-là ? Certaines républicaines échines en frissonnent encore, toutes émoustillées à l'idée d'un nouveau marquisat dans la Cité des Pins Rescapés .Merci Marquis !

 

 

Certains eurent apprécié le même zèle de la part de la Montendraise municipalité demeurée totalement indifférente lorsqu'il fallut rétablir à son emplacement d'origine la plaque commémorative de Samuel Duménieu, ou bien célébrer la mémoire d'une autre Résistante native de Montendre, Simone Rollin, ou encore entretenir quelque peu le tombeau de la famille Marchand.

Mais cela n'eut point la couleur et la portée du discours soigneusement étudié, le panache de la Particule, de l'honneur insigne de la présence du Clergé Britannique, de quelques têtes portant couronne, et toutes autres choses qui émoustillent si fort certains esprits républicains demeurés en réalité profondément monarchiques, à l'image de notre république déprimée. Et tout ceci n'eut point la même heureuse opportunité, ni le même bénéfice calculé et espéré en période électorale.Merci marquis !

 

 

REMERCIEMENTS:

La cagouille libre remercie l'hebdomadaire local "La Haute Saintonge" d'avoir accepté de publier cet article dans son numéro 4 du 24 janvier 2014, en se permettant toutefois d'en modifier le titre et le texte d'origine en l'édulcorant très sensiblement... et en "oubliant" de publier l'adresse de votre gastéropode préféré, pourtant joint au nom de l'auteur !

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