SAINTES: BÉTONNAGE PRIVATIF DU SITE SAINT LOUIS

Rédigé par JF Saunoi - 03 novembre 2018

JF Saunoi nous communique cette information concernant "l'urbanisation" du site 

Saint Louis à Saintes

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Bonjour,

Comme vous le savez certainement, la Ville de Saintes s'apprête à privatiser un joyau inestimable de notre cité pour une bouchée de pain. Avec mes amis citoyens saintais, nous nous élevons avec la plus grande fermeté et la plus grande détermination contre ce projet inique tel qu'il nous a été présenté au travers des documents officiels que la mairie a finalement consenti à nous remettre avec l'aide de la CADA. Vous trouverez ci-dessous nos arguments et notre appel à tous les saintais pour s'opposer à un tel projet.

Dans le programme électoral sur lequel il a été élu en 2014, M. Jean-Philippe Machon prévoyait d'installer un musée "à ciel ouvert" dans le Vallon des Arènes. Pourquoi pas ? Ce doit être la raison pour laquelle la Mairie a fait couper un grand nombre d'arbres dans ce secteur. À l'inverse, il n'est plus question de construire le "Romanoscope" prévu sur le site Saint-Louis (magnifique belvédère d'environ 5ha avec une vue à 180° sur la ville et la Charente) et qui devait accueillir notre formidable collection de vestiges gallo-romains (près de 2000 pièces de toutes tailles stockées dans des hangars fermés au public). Cette structure aurait été à l'image du "Paléosite" construit par le département à Saint-Césaire, un petit village des alentours, pour ce qui concerne les découvertes préhistoriques. Pour libérer le site Saint-Louis, le Maire de Saintes a décidé sans la moindre concertation de reléguer l'implantation du musée archéologique et historique de la ville à proximité de l'amphithéâtre sur un terrain trop petit et dans un délai repoussé aux calendes... romaines ! Gageons que, s'il devait être construit là, ce musée mal placé connaîtrait le même sort que le Paléosite, c'est-à-dire un échec en termes de fréquentation.

Conjugué au projet présenté par le roi du béton (Bouygues) destiné à recouvrir tout le site Saint-Louis d'immeubles de standing, d'une résidence pour seniors aisés, de commerces, d'un hôtel de luxe et d'un restaurant gastronomique, gérés par des franchises nationales, voire internationales, mais sans son musée, cet énième revirement du Maire résulte de considérations non seulement spéculatives mais aussi sociologiques visant à favoriser ses amis des catégories dites "supérieures" et surtout âgées. Recréer ainsi la dichotomie entre haut et bas quartiers en ville tout en jetant ses promesses électorales aux oubliettes est le signe d'un profond mépris de sa part pour les citoyens que nous sommes. Dans la mesure où l'ascenseur social est depuis longtemps en panne (comme d'ailleurs celui du Paléosite), ce ne sont pas des dispositions de ce genre qui solutionneront les problèmes de notre ville. En y créant un hôpital du nom de son ancêtre pour y soigner les pauvres et les malades afin de réconcilier les clans qui se déchiraient ce territoire, même Louis XIV n'avait pas osé...

Sauf si la mer devait monter de plusieurs mètres d'un coup, on ne voit pas les seniors aisés quitter en masse la côte pour s'enfermer à l'année dans des buildings modernes bâtis sur d'anciennes nécropoles et de vieilles pierres dont certaines tombales. Même si "La Providence" est juste à côté, des mouroirs soi-disant de luxe dans un quartier d'un ennui mortel ne garantiront jamais le paradis... Confrontés à la proclamation du "Mundus patet", ils exigeront pour chasser les esprits, une profusion de spectacles et de divertissements sans, bien entendu, accepter d'en payer le prix, ce qui fera exploser le budget culturel de la commune et la pression fiscale sur l'ensemble des saintais (cf. le Gallia et l'Abbaye-aux-Dames). Avec des loyers à partir de 3000€ mensuels, beaucoup n'auront plus un sou pour consommer sur place. Si l'on s'en tient à la Nouvelle Aquitaine, les amoureux des terres préféreront des lieux plus hospitaliers comme le Périgord ou la Gascogne en général. Comme à Royan, les plus riches ne resteront pas en place plus de trois à six mois par an. En plus, ces personnes n'hésitent pas à s'expatrier là où les prix sont plus abordables. Pour d'autres, le shopping sera toujours plus classe à Paris ou à New-York... Malgré leur pouvoir d'achat élevé, les retombées économiques pour la ville seront pour toutes ces raisons minimes. Une fois les lieux privatisés, rien n'empêchera ces propriétaires et néanmoins électeurs de demander à la mairie la fermeture du site pour des raisons de sécurité par exemple, ce qui reviendra à couper une nouvelle fois la ville en deux. Le cas échéant, ils s'affranchiront d'un refus des autorités se croyant, du haut de leur promontoire, au dessus des lois.

Vouloir sacrifier tout ce potentiel culturel et historique sur l'autel d'une idéologie uniquement axée sur la "Silver Economy" pour permettre à environ deux cents foyers de s'approprier une vue imprenable et donc inestimable sur la ville est une aberration totale sur le plan économique sauf, bien entendu, pour le promoteur de l'opération : Bouygues et sa filiale Linkcity à laquelle la Ville de Saintes s'apprête à céder le site pour une bouchée de pain (moins d'1/5 de ce qu'il nous a coûté sur dix ans). Plus grave encore, ce parasitage aura aussi des conséquences de long terme en matière de pollution, de déchets et d'eaux usées. Sachant que l'ancien hôpital a été transféré plus haut sur la ville, l'urbanisation excessive du site Saint-Louis créera un surplus stercoraires qui se déversera en contrebas jusqu'à la station d'épuration hors d'âge et hors normes qui déborde dans la Charente au moindre orage du fait de réseaux d'évacuation non séparés. Comme l'a proposé Philippe Callaud lors du dernier Conseil municipal, l'alternative consisterait à créer une ZAC sur le site Saint-Louis, d'en confier la partie immobilière à la Sémis, puis de faire confiance à nos concitoyens aidés des personnes et services spécialisés pour l'aménagement de ce lieu emblématique et ce, dans des proportions raisonnables.

Comme toujours en pareil cas, un mix est donc à trouver afin d'optimiser notre patrimoine culturel et naturel sur le plan urbanistique mais aussi touristique, tant horizontalement que verticalement. Sans pour autant déstabiliser le marché hôtelier ou immobilier saintais, l'objectif serait d'accroitre substantiellement le nombre de visiteurs de notre ville et de faire en sorte qu'ils y restent au moins une nuit, y compris hors saison. Pour cela, nous devons entre autres leur proposer un parcours intra-muros attractif évoqué par le candidat Machon lui-même, parcours que nous pourrions enrichir en l'étendant à Barzan (Le Fâ) d'un côté et au Douhet (Aqueducs romains), voire à Saint-Césaire (Paléosite), de l'autre. Ce parcours croiserait d'autres parcours comme le chemin de Saint-jacques de Compostelle. D'où la logique d'implanter sur le site Saint-Louis, notre futur musée archéologique et historique digne d'une ville d'Art et d'Histoire comme Saintes que certains rêvent de voir inscrite par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité... tout en protégeant les êtres qui vivent déjà sur la falaise, des chauves-souris en l'occurrence, la preuve du calme qui règne en ce lieu "habité" depuis des millénaires et preuve aussi de notre hospitalité... légendaire. Ce ne serait d'ailleurs pas du luxe d'améliorer nos capacités d'accueil que ce soit au niveau de l'hébergement ou de notre ouverture aux autres. En matière d'offre de restauration, nous sommes déjà au bord de la saturation.

Dans le même sens, il conviendrait de faciliter l'accès aux commerces du centre-ville qui souffrent énormément de la concurrence déloyale des zones périphériques du fait des politiques sournoise de nos élus locaux (Les Coteaux, Saintronic, Vegas, Berteau, etc.). Pour cela, des parkings publics en quantité suffisante devront être construits en centre-ville avec, pour le site Saint-Louis, des ascenseurs intérieurs et des souterrains d'accès aux différents niveaux de la ville côté Mairie et coté Vallon des Arènes. Une durée de stationnement gratuit d'au moins trois ou quatre heures laisserait le temps aux badauds de profiter de la douceur de vivre de notre territoire sans encombrer celui-ci de voitures ventouses. Si l'on souhaite vraiment redynamiser notre "Coeur de Ville", un tel projet pourrait tout-à-fait s'inscrire dans le dispositif mis en place par l'État avec financements à la clé. Enfin, reléguer la construction (obligatoire) de logements sociaux à l'emplacement de la gare routière en cachant le rempart du bastion est une hérésie.

Réserver sur le site Saint-Louis un espace de 200M2 à la culture comme le propose Linkcity, la filiale de Bouygues sélectionnée par la majorité municipale, est une insulte à notre intelligence. Et, à ce stade, je ne mentionne même pas les conditions financières qui semblent entourer cette opération et qui, à ce que nous avons pu constater dans les documents officiels que la mairie a fini par nous envoyer, s'annoncent particulièrement scandaleuses. Cet oppidum a toujours été le siège du pouvoir, impérial d'abord, médical par la suite. Il serait abandonné aujourd'hui au pouvoir de l'argent. C'est d'autant plus inacceptable que cela se traduirait par une spoliation des citoyens à qui appartient ce bien (commun). Bien entendu, la CdA comme les élus d'opposition, ont été soigneusement tenus à l'écart de cette privatisation. Au-delà de l'aspect économique, les côtés éducatif et culturel en général nous paraissent  primordiaux dans un projet de cette ampleur. Les besoins en salles de répétition pour la danse et la musique pourraient dès lors être pris en compte. Pour nous, c'est l'ensemble de la ville qui doit devenir une "Cité Musicale" et pas seulement l'Abbaye-aux-Dames

Si la partie "investissement" d'un tel projet était correctement réfléchie, la partie "exploitation" devant en découler tout au long de l'année, serait réellement productrice de revenus et d'emplois stables pour notre population, à commencer par notre jeunesse. En laissant pourrir la situation, les élus de la majorité municipale actuelle nous ont fait perdre dix ans pour rien. Les projets auraient pu et peuvent toujours s'agencer progressivement à partir de l'existant au fur et à mesure de nos capacités de financement et des retours à en attendre pour la collectivité (et non pour des spéculateurs privés). La Sémis est tout-à-fait en mesure d'investir pour la partie immobilière, les collectivités locales, l'État, voire des mécènes privés, pour la partie muséale. Compte tenu des contraintes inhérentes au site (fouilles archéologiques, impact environnemental, présence d'amiante, etc.), c'est de toute façon des années de travaux qui seront nécessaires. Brader à des accapareurs ce patrimoine, de surcroit sans la moindre garantie de bonne exécution des prestations prévues, est une faute de gestion énorme qui causerait un très grave préjudice aux saintais. Il ne fait pas de doute que ces gens-là comptent bien réaliser une jolie plus-value sur notre dos, même à long terme. Alors que les taux d'intérêt sont toujours aussi bas, vendre ce site après tant de tigiversations est une très mauvaise affaire pour nous, contribuables. Cela augure mal de l'accueil que la population réservera à ces nouveaux arrivants.

Dans ces conditions, comment peut-on encore accorder la moindre confiance en des élus aussi inconséquents dans la gestion des biens et des deniers publics ? Nous devons refuser avec la plus grande énergie de les laisser accomplir une telle injustice ! Toutes les démarches seront intentées pour obtenir l'annulation des cessions, permis et autres autorisations qui seraient octroyées indûment par et pour les parties-prenantes à cette affaire.

En conséquence, cette noble cause mérite que nous, citoyens, nous mobilisions que ce soit à titre individuel ou collectif et que nous nous rassemblions librement pour refuser de nous voir dépossédés à vil prix de notre patrimoine. Il nous appartient de défendre la bonne santé financière et l'avenir de notre cité. Toutes les bonnes volontés et les compétences sont donc requises afin de nous épargner l'irréparable.

Nous comptons sur vous pour en informer vos lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs.

Cordialement.

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Saunoi Jean-François

43, rue Gautier 17100 Saintes

Portable : 06 60 05 88 45

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Date du prochain conseil municipal, le 7/11 à 18h00 en mairie et du prochain club citoyen, le 8/11 à 20h30 salle Saintonge.

Rendez-vous aussi dans les conseils de quartier pour poser vos questions à nos élus et vous exprimer.

Pétition : https://www.change.org/p/lolita-corroy-urgent-sauvons-le-site-st-louis-de-sa-vente-pr%C3%A9vue-le-26-septembre-2018?recruiter=31368741&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition

NB. la pétition papier remise au Maire lors du CM du 26/9 comportait 350 signatures supplémentaires


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SAINTES: important communiqué de la Coopérative du Citoyen

Rédigé par Collectif citoyen - 04 octobre 2018

 

 

 

 

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Bonjour,

Au nom de La Coopérative du Citoyen et de Transition Citoyenne en Saintonge,j'ai le plaisir de vous faire part de l'appel que vous trouverez en pièce jointe.

Je vous précise que je ne suis pas candidat à un quelconque poste électif.
Il convient selon moi de laisser la place à des plus jeunes, notamment ceux issus du mouvement citoyen local combattant les projets absurdes du Maire actuel.

Je vous en souhaite bonne réception.

Cordialement.

 

JF Saunoi

 

 

 

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Appel pour une élaboration citoyenne

du programme territorial Saintes 2020.

 

 

Comme de nombreux territoires, la ville de Saintes et son agglomération voient leur situation décliner faute de débouchés suffisants, d'idées réellement innovantes, de confiance des citoyens envers leurs dirigeants. L'attractivité d'un territoire ne se décrète pas. Elle se construit autour de la mobilisation des habitants dans une démarche résolument ouverte, accueillante et entreprenante respectant leur identité et leur diversité.

 

Au lieu de cela, les politiques dominantes de spéculation, d'exclusion ou de prévarication répandent un sentiment d'impuissance parmi une population désabusée, déboussolée et poussée au repli sur soi. Tout en tenant un discours prétendument réformateur, voire révolutionnaire, les privilégiés de tous bords ont tout intérêt à maintenir le statu quo pour que rien ne change.

 

Ce double langage crée une société schizophrène dans laquelle le citoyen est éloigné des lieux de pouvoir concentrés entre des mains qui corrompent le système démocratique. Il n' y a donc rien de bon à espérer de ce côté.

 

Que les problèmes soient économiques, sociaux ou environnementaux, les solutions dépendront d'un profond changement de comportement de chaque individu, mais aussi d'une révision des modes d'organisation collective.

 

L'accélération des phénomènes et leur observation sous des points de vue toujours plus nombreux rend leur analyse plus complexe.

 

La prise de conscience des menaces qui pèsent sur le monde et la capacité de l'humanité à les régler passent obligatoirement par cette complexité chère à Edgar Morin conjuguant la pensée ET l'action.

 

Le redressement d'un territoire exige de tourner le dos à la fatalité en commençant par ce qui est à la portée de tout un chacun, c'est-à-dire l'action locale, selon la célèbre formule des altermondialistes : «Penser global, agir local ».

 

Plus qu'au changement, l'heure est à la transition consistant à accompagner les mutations en cours: transition citoyenne, alimentaire, énergétique, écologique... Le modèle des villes en transition né en Grande-Bretagne est à ce titre particulièrement inspirant.

 

Pour impliquer tous les citoyens dans la transition, la priorité est donc au renouveau de la démocratie locale dont dépendra l'évolution du territoire.

 

En apprenant à partager, à travailler ensemble, à faire plus avec moins, en créant des alliances autour de projets d'intérêt général, la coopération fera passer la société consumériste actuelle d'une abondance prédatrice pour la planète à la "Prospérité sobre" d'un Tim Jackson ou à la "Sobriété heureuse" d'un Pierre Rabhi et ce, pour un "Coût Marginal Zéro" tel que décrit par Jeremy Rifkin, en vue d'une meilleure qualité de vie.

 

Or, un tel objectif ne saurait se contenter de vulgaires ambitions personnelles ou partisanes, mais réclame une véritable ambition collective rassemblant l'ensemble des citoyens. Tous les moyens de communication disponibles doivent être mis en œuvre afin d'élaborer ce programme et de l'adapter aux particularités du territoire saintongeais. Ce n'est qu'après cette première étape que les personnes les plus aptes à l'appliquer localement devraient pouvoir se présenter aux élections en s'engageant à le respecter.

 

Avec la société de la connaissance, l'essentiel réside désormais dans l'information. On disait autrefois que le temps est de l'argent, aujourd'hui c'est l'information. Et justement, cette ressource ne nécessite pas forcément de gros capitaux. Ceux qui prétendent le contraire sont des bonimenteurs. Qu'ils essayent l'ignorance...

 

Devant les enjeux auxquels est confronté notre territoire, le conservatisme des élites et l'influence toxique des lobbies démontrent par leur égoïsme et leur hypocrisie leur terrible aveuglement.

 

Une autre politique audacieuse, ouverte et plus juste est possible.

 

Définissons-là ensemble.

 

Merci ;-)

 

Pour la Coopérative du Citoyen, Transition Citoyenne en Saintonge:

 

JF Saunoi

 

 

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"Il faut allier le pessimisme de l'intelligence à l'optimisme de la volonté".

Antonio Gramsci

 

 

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La Coopérative du Citoyen

Siège social : 31, rue du Cormier 17100 Saintes

Contact : 06 60 05 88 45

FACEBOOK : https://www.facebook.com/pages/La-Coopérative-du-Citoyen/218534341500398

 

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CHAMPAGNAC : journée de l'eau et de la nature

Rédigé par Collectif citoyen - 24 mai 2018