CHANGEONS TOUT !

Rédigé par JF Saunoi - 14 novembre 2016

La Coopérative du Citoyen de Saintes nous transmet le communiqué ci-dessous , accompagné d'une vidéo très intéressante

 

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Bonjour,

Et si la véritable alternative était là ?  Dans cet excellent documentaire :

Changeons tout !  De la récup' aux nouvelles solidarités, un film de 49 min. de Patrick Boudier : https://youtu.be/Hhi0iLZm8pk

L'Aquitaine fait partie des régions françaises les plus avancées en matière d'ESS (Économie Sociale et Solidaire) : ses acteurs, enthousiastes, transforment la société en douceur, conscients des enjeux environnementaux et sociétaux.

Un modèle pour mieux comprendre le projet de PTCE que nous souhaitons bâtir à Saintes.

 

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PROJET DE LA COOPERATIVE DU CITOYEN DE SAINTES

Rédigé par JF Saunoi - 03 novembre 2016

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Monsieur Jean-François Saunoi, rapporteur de la Coopérative du citoyen de Saintes, nous informe d'un projet collectif et coopératif très intéressant

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M E M O R A N D U M


 

Dans le cadre de la mise de place d'une "Cité Entrepreneuriale" dans les locaux de l'ancien siège de la Caisse Régionale du Crédit Agricole de Saintes, l'équipe de La Coopérative du Citoyen est heureuse de vous présenter, en partenariat avec d'autres associations locales, son projet de création d'un Pôle Territorial de Coopération Économique (PTCE) sur le secteur de la Communauté d'Agglomération (CdA) de Saintes.

« Usine à projets » où celui qui désire partager, apporte, et celui qui cherche, trouve, un PTCE est la forme la plus structurée et novatrice des coopérations et mutualisations mises en place dans les territoires en faveur de l'activité économique (et donc de l'emploi). Ouvert à tous les publics, un PTCE peut se définir comme un lieu d'accueil, de rencontres et de ressources, réunissant un réseau de partenaires locaux où coopèrent des entreprises de l'Économie Sociale et Solidaire (ESS), des associations, des entreprises classiques socialement responsables, des collectivités locales, des centres de recherche et des organismes de formation, dans le but de mettre au service de projets économiques innovants, une stratégie commune et continue de développement local soutenable.

Pour vous faire une idée plus précise sur notre démarche, nous commencerons par une brève analyse de la situation économique de notre territoire, puis nous détaillerons les caractéristiques d'un PTCE, ses relations, sa structuration et son organisation, pour conclure sur les bénéfices que nous comptons tirer de ce dispositif que nous souhaitons inscrire dans un renforcement de la politique communautaire au profit de ses habitants et notamment des plus démunis, sans le moindre à-priori partisan.

Le contexte économique local

Les mutations rapides des contextes économiques, mais aussi sociétaux et écologiques imposent aux territoires et à leurs acteurs de changer de regard et d'anticiper les adaptations rendues indispensables. Dans ce sens, et à côté des solutions technologiques voulues ou subies, construire un écosystème territorial d'innovation sociale et solidaire propice à un développement local durable, devient un des enjeux majeurs de notre temps.

Déjà, le Schéma de Développement Économique élaboré en 2014 à la demande de la CdA de Saintes pointait un certain nombre de faiblesses propres à notre secteur dont une relative exiguïté de son marché, le vieillissement de sa population, un manque de main-d'oeuvre qualifiée sédentarisée correspondant aux besoins des entreprises ou l'absence de structures de suivi des créateurs ou repreneurs d'entreprises...

Depuis, notre territoire a subi plusieurs fermetures de sites importants (Saintronic, le Crédit Agricole, etc.) et il peine à attirer de nouveaux investisseurs se heurtant en cela aux mêmes difficultés que les territoires concurrents. Un signe qui ne trompe pas : la fermeture de quatre classes primaires rien qu'à Saintes lors de la dernière rentrée scolaire. Nos jeunes, partis étudier dans les universités de La Rochelle, de Poitiers ou d'ailleurs, préfèrent y rester ou voyager de par le monde, une fois leur diplôme en poche.

Si l'on veut inverser cette tendance, il nous paraît indispensable que tout un chacun se mobilise autour des atouts de notre territoire encore peu ou pas exploités. Dans ce sens, il faudrait moins de concurrence et plus de coopération, moins de dispersion et plus de travail en commun, moins d'inertie et plus de courage afin de privilégier la relocalisation de l'économie, la cohésion sociale, les circuits courts et la transition écologique.

Certes, des politiques publiques, souvent déléguées à des associations, existent en faveur des chercheurs d'emploi ou des porteurs de projets. Un hôtel d'entreprises et une antenne locale d'une pépinière d'entreprises de La Rochelle sont mises à disposition de ces derniers, mais cela manque de dynamisme et d'efficacité, faute de motivation, de concertation, de leadership et de suivi.

Une passerelle locale entre le social et l'économique permettrait d'apporter aux plus hardis et aux plus imaginatifs les relais et les outils nécessaires à l'émergence et à la pérennité de projets novateurs. Les solutions spécifiques apportées par l'ESS dans ce domaine ouvrent des perspectives complémentaires non-négligeables pour nos territoires.

À côté des entrepreneurs classiques, l'exemple de nos anciens qui, au tournant des XIXè et XXè siècles, ont démarré dans un contexte très difficile, là une coopérative laitière, là un guichet de caisse mutuelle, là une boutique coopérative... devrait nous inspirer et emplir notre jeunesse d'enthousiasme, si l'on veut bien se souvenir de la formidable réussite que fut cette aventure, notamment dans notre région.

Notre situation est certes difficile, mais loin d'être désespérée, surtout si l'on garde à l'esprit qu'ensemble, on est toujours plus forts.

Pourquoi la coopération ?

Dans le respect de la diversité et de l'autonomie de ses partenaires, un PTCE implique la coopération, pas la fusion. Mais, l'autonomie n'est pas l'indépendance, système clos qui conduit tôt ou tard au conflit. Pour qu'il y ait autonomie, il faut savoir marcher tout seul, être au moins deux (interdépendance), avoir un projet à partager, choisir de coopérer (du latin cooperari : travailler conjointement AVEC quelqu'un) et pas seulement « collaborer » (travailler POUR quelqu'un, ce qui induit un lien de subordination ou de domination). À ce titre, notre projet n'a rien à voir avec l'économie dite « collaborative », affreux anglicisme très en vogue parmi la doxa, qui est tout sauf du partage (eg. Uber, AirB&B, etc.).

Coopérer consiste à créer des liens, se risquer à l'ouverture, articuler l'individuel et le collectif, aimer travailler en équipe, poursuivre un but ou un idéal commun, fluidifier les échanges d'information entre acteurs (transparence) selon un schéma d'organisation plutôt circulaire et réticulaire que linéaire, vertical et pyramidal, qui correspond davantage à la hiérarchie religieuse ou militaire.

Si l'on veut obtenir des résultats à notre petite échelle, il serait judicieux de retrouver un idéal, de ne plus tout miser sur le quantitatif, l'intensif, l'industriel, la consommation, la

croissance, le marché. Avec sept milliards d'habitants sur la terre, il est vain de se croire à l'abri des crises, de contourner la complexité, de prétendre unir un tout en dehors de la diversité des parties. Pour assurer la vie des espèces, les cycles naturels comportent au moins autant d'exemples de coopérations que de prédations. Aller à l'encontre de ses pulsions primaires, adopter une politique de civilisation, sont des lignes de conduite qui exigent une « sacrée » dose d'intelligence, de tolérance et de bienveillance.

À l'inverse, la tendance actuelle est à la concurrence, à l'éparpillement, à la division, dont bénéficie essentiellement un cercle restreint en haut de la pyramide. Elle est terriblement inégalitaire, injuste, gaspilleuse et finalement très improductive. Pour notre part, nous défendons l'idée que lutter contre l'exclusion, la polarisation de la société, voire la prolétarisation généralisée, doit passer par la solidarité (certains diront la charité), l'empathie (connaître ses propres repères avant de comprendre ceux des autres), l'humilité (faire sa part en toute sobriété), la créativité et l'imagination (avec la reconquête, dès l'école, des savoirs, savoir-vivre, savoir-faire, savoir-penser...).

C'est à cette dynamique que nous entendons obéir pour constituer un troisième pôle entre l'humanitaire et l'économique. À travers un processus de rétroactions négatives, nous viseront à dépasser le paradoxe entre les intérêts particuliers et l'intérêt général, à enrayer la régression, à redonner espoir aux gens et à mettre urgemment en mouvement, tant au niveau local que global, les outils et les moyens contributifs afin de léguer à nos enfants un monde vivable.

Qu'est-ce qu'un PTCE ?

Programme national initié dès 2011 par le Labo de l'ESS et soutenu par l'État et la Caisse des Dépôts conformément à la loi du 31 juillet 2014, les PTCE poursuivent de multiples objectifs qui peuvent ou non se cumuler :

• la mutualisation significative de ressources, de compétences ou de financements au service de l’emploi et de l'activité dans les territoires ;

• la recherche de la taille optimale pour répondre à une demande croissante des habitants de biens et de services solidaires et durables ;

• la création et le développement de groupes intégrés d’entreprises de l'ESS ;

• la reprise d’entreprises ou la relocalisation d’activités sur le territoire ;

• des stratégies mutualisées et équitables de distribution et de commercialisation de produits locaux apportant toutes garanties sur le plan qualitatif ;

• un investissement significatif dans l’innovation sociale et écologique afin de répondre à la demande, notamment des marchés publics (cantines, etc.) ;

• la structuration territoriale d’une filière ou d’un secteur, par exemple : le numérique, le maraîchage bio, le tourisme « vert » ou fluvial... ;

• une meilleure visibilité institutionnelle de l’ESS ouvrant sur des projets et partenariats locaux communs avec les entreprises, collectivités et autres organismes concernés.

Notre projet prévoit de transposer ce modèle au sein d'un réseau de partenaires locaux favorisant la coopération intergénérationnelle entre, d'une part, les chercheurs d'emploi et les porteurs de projet et, d'autre part, les personnes disposant de l'expérience, des compétences et/ou des capitaux nécessaires au démarrage, à l'implantation et au développement d'activités rentables et viables génératrices de plus-values économiques, sociales et écologiques pour notre territoire.

Un réseau de partenaires

Soucieux d'oeuvrer à ce renouveau, les dirigeants d'un premier noyau d'associations locales se proposent d'initier et de promouvoir ce projet de PTCE sur la CdA de Saintes, comme cela s'est déjà produit à plus de cent exemplaires dans toute la France :

- Jean-François Saunoi La Coopérative du Citoyen pour la partie accueil

- François Manuel Le groupe SNC de Saintes pour la partie insertion

- Bernard Pinson Le Club Cigale Créa-Santonos pour la partie finance.

Il appartient désormais à ces pionniers d'obtenir l'aval des adhérents de leurs associations respectives sachant qu'elles réunissent d'ores et déjà des profils professionnels et associatifs très variés, en particulier d'encadrement, plusieurs étant des chefs d'entreprise ou d'anciens chefs d'entreprise. Au démarrage du PTCE, parmi ces personnes, les plus volontaires pourront intégrer à titre individuel le Conseil d'administration de la nouvelle structure et tenir une permanence sur place sur la base du bénévolat tout en poursuivant leurs propres activités. Concrètement, il s'agira de développer une structure de type « incubateur ».

D'autres partenaires pourront venir se greffer sur le noyau d'origine afin de compléter l'offre de services du PTCE (CAE, organismes de formation, entreprises d'insertion, etc.). Une recherche active sera menée auprès d'un large panel de partenaires privés et publics afin de boucler le financement de ses locaux, de son matériel et du premier emploi (Emploi Solidaire) nécessaires à son activité. Notre PTCE nouera également des relations étroites avec des programmes similaires implantés sur le département de la Charente-Maritime, comme le PTCE de Saint-Jean-d'Angely.

Dans cette optique, la forme juridique de Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC), SA ou SAS, nous paraît la plus adaptée afin d'assurer à l'ensemble un fonctionnement réellement coopératif selon une répartition collégiale en conformité avec la loi (3 collèges minimum). Bien entendu, chaque partenaire est libre de devenir sociétaire ou pas. Dans ce dernier cas, il lui sera attribué le statut de partenaire extérieur (Quid du droit de vote).

La gestion des activités du PTCE

Les structures et entreprises de l’ESS se distinguent par leur but d’utilité sociale et l’orientation de leurs excédents vers la poursuite de leur activité souvent non lucrative. À ce titre, les statuts de la SCIC et le fonctionnement du PTCE obéiront aux critères d'obtention de l'agrément Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale (ESUS) qui permet de bénéficier d’aides extérieures et de financements spécifiques (épargne salariale solidaire, réductions fiscales…).

Outre son guichet d'accueil et ses salles partagées placés sous la responsabilité d'un(e) employé(e) à plein temps (cf. Emploi Solidaire), le PTCE tirant avantage de la gestion par projet et de la mutualisation de moyens, pourra amorcer, héberger en un lieu unique ou externaliser selon les besoins, divers ateliers auto-financés, tels que :

* Un atelier numérique hi-tech (formation, logiciels, applications, data center, etc.) ;

* Un espace de "co-working" ouvert et connecté très haut débit ;

* Un cercle d'écriture et de publication par le Web ;

* Un "fablab" : laboratoire de conception, dessin, fabrication d'objets divers ;

* Un café "repair" et atelier de recyclage ;

* Une antenne de travail à temps partagé, groupement d'employeurs, CAE ;

* Un guichet de finance participative et solidaire ;

* Un bureau d'études : montage de projets, études de marché, du foncier et de l'immobilier, etc. ;

* Une agence d'organisation d'événements ciblés ;

* Un atelier de services à la personne ;

* Etc.

Tandis que les entreprises du secteur n'ont pas toujours la taille adéquate, ces différents ateliers partagés, permanents ou ponctuels, confiés à des « Maîtres » de projet, pourront recevoir des jeunes « compagnons » ou « apprentis » en alternance ou en stage leur permettant d'expérimenter et d'explorer le monde de l'entreprise et/ou d'acquérir une première expérience professionnelle en relation avec les attentes des partenaires du réseau et de l'économie locale en général.

Les membres du PTCE partageront un socle de valeurs qui seront réunies dans une charte. Sa principale mission consistera à susciter et à faciliter la création d’activités et d’emplois, sans a priori ni discrimination, en refusant la logique d’assistanat. En promouvant l'esprit entrepreneurial, ce lieu devra offrir à tout un chacun le temps de la réussite et le droit à l’erreur sans crainte de l’isolement. Son principal avantage sera de donner à tous les acteurs locaux l’envie de coopérer, selon des modes démocratiques, au sein d'un réseau ayant pour ambition commune de placer l’économie au service des personnes.

Les bénéfices escomptés de cette action

Comme le démontre les nombreuses études publiées sur l'entrepreneuriat social (eg. CN-CRESS, RTES, France Active, Réseau Ashoka...), l'action de notre PTCE devrait engendrer un retour sur investissement positif des fonds publics, des dons privés et/ou des capitaux engagés :

- L’activité des entrepreneurs sociaux doit permettre à la collectivité d’économiser des coûts de prise en charge : allocations chômage, RSA, dépenses liées au surendettement, aux problèmes de santé, à l’hébergement d’urgence…

- Cette activité doit, dans le même temps, lui procurer des revenus supplémentaires : charges patronales, impôts…

- Le cumul des économies réalisées et des revenus ainsi engendrés devraient couvrir l’argent investi dans les projets ;

- La capacité de réplication à court/moyen terme des projets doit faire entrer l'économie locale dans un cercle vertueux avec un potentiel de développement appréciable ;

- L’action des entrepreneurs sociaux est génératrice d’emplois durables, équitablement répartis sur le territoire et le plus souvent non-délocalisables ;

- De nombreux impacts sociaux ne sont pas chiffrés dans le cadre de ce projet, mais ils pourraient l'être.

En établissant une passerelle entre le travail social et le secteur économique, en facilitant le lien entre ces deux mondes d'apparence contradictoire, en changeant le regard réciproque des uns et des autres, notre projet de création d'un PTCE permettra enfin d'offrir des débouchés au travail social tant en termes d'insertion des jeunes, de re-mobilisation des plus âgés, que de responsabilité sociale des entreprises (RSE). Notre situation exige une parfaite cohésion de toutes les parties-prenantes : publiques, privées et civiles, professionnels ET bénévoles sur un pied d'égalité et de respect mutuel.

Un projet ancré dans la politique territoriale

Théâtre de terribles confrontations dans sa longue histoire, la Saintonge est une terre de compromis, ses habitants des gens attachants qui ont toujours refusé la fatalité du déclin. Sa capitale Saintes (Mediolanum Santonum, capitale de la grande Aquitaine à l'époque gallo-romaine) en a vu passer des pèlerins et des marchands. Fin XIXè, elle est devenue une « étoile » ferroviaire, puis autoroutière. La ville s'étale désormais sur les deux rives de la Charente. Au resto du cœur, la carte (géographique) propose ici un menu « Fromage ET Dessert » et pas uniquement « Fromage OU Dessert »...

Moyennant des travaux de viabilisation très coûteux, y compris sur le plan environnemental, il est certes possible d'attirer des investisseurs de l'extérieur, notamment dans le domaine de la production. Sauf qu'aux dires « d'experts », la plupart des collectivités poursuivent le même objectif, ce qui, dans la conjoncture actuelle, risque de réduire les retombées à attendre de telles opérations. Malgré une économie qualifiée de « fragilisée », notre territoire possède néanmoins des opportunités de développement non-négligeables grâce à ses voies de communication, son patrimoine culturel, ses espaces naturels et... son potentiel humain.

Ne devant compter que sur ses propres forces, il appartient à ses responsables de tout mettre en œuvre afin de favoriser les initiatives et la créativité de leurs concitoyens en leur offrant un environnement propice à l'émergence de projets novateurs, de véritables débouchés et un suivi soutenu et efficace. Avec l'engagement et la coopération de tous, telle est la finalité de notre projet de Pôle Territorial de Coopération Économique, son unique et noble ambition.

Merci.

Le rapporteur : Jean-François Saunoi

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La Coopérative du Citoyen

Siège social : 31, rue du Cormier 17100 Saintes

Adresse postale : chez JF Saunoi 43, rue Gautier 17100 Saintes


 

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