LA REPUBLIQUE DES TROUILLES

Rédigé par J-P Négrel - 25 mars 2002

 

 

Estimé lecteur, cher concitoyen mon frère (ou ma sœur), ne sois pas trop déçu, il ne sera pas question ici d’insécurité…mais de l’horrible, de l’incroyable, de la lâche trouille citoyenne qui , de bas en haut et de haut en bas, angoisse et mine notre pauvre Marianne...et nous avec ! 

Trouille électoraliste de nos gouvernants qui n’osent pas mettre en chantier de vrais réformes : Etat, retraites, fiscalité, éducation, santé, fracture sociale, etc…au cas où, en cas que…

 

Trouilles des mêmes, impuissants face au fric qui s'évade, et que l'on n'ose pas taxer, dans un contexte de corruption mondialisée.

 

Trouille chronique de l’élu provincial, qui n’ose pas trop « chatouiller » son concurrent, au cas où, en cas que…dans le cadre d’un consensus mou local, ou d’un partage discrètement convenu des postes entre les étiquettes, le tout étant souvent baptisé tolérance, pour faire humaniste, ou pacte républicain, pour faire...républicain.

 

Tant que nous sommes en province, trouille devant certains maires,  à cause de la subvention réclamée ou pire, des miettes de la survie sollicitée, que sont les CES, CEC, et autres emplois jeunes. Pression exercée par l'Edile Suprême par le biais du poste attribué ou pas, du fait de sa bonne grâce, au fiston,au papa ou à la cousine. Chantage au gagne-pain, à la misère et à la précarité, par clientélisme électoral et absolutisme local.

"Tu la fermes, et tu applaudis, ou bien..."

 

Trouille politique des mêmes maires (et non pas des mémères, qui elles, gâtées, ont droit une fois par an au banquet et aux petits soins hautement désintéressés des mêmes maires et de leurs dévoués affidés), pour accorder leur signature aux « petits» candidats à la Présidence. Au cas où, en cas que…

 

Trouille administrative de l’administré face à son administration ou ses instances locales. Au cas où, en cas que, on ne sait jamais…Il est vrai que devant la nature parfois surprenante des réactions suscitées lorsque l’on souhaite simplement s’informer sur la logique de certaines décisions ou de l’usage de nos sous, la démarche s’apparente au défi, à la provocation, à l’indiscrétion, et même à la subversion !

 

Trouille scolaire des parents d’élèves, devant l’inoxydable, l’imperturbable indifférence des responsables de l’Education Nationale, face aux vrais problèmes qui sont éternellement posés tout au long du cursus : cantine, horaires, défaillances pédagogiques, voire désinvolture sans risque de certains enseignants (nous disons bien certains enseignants seulement, il faut bien préciser qu'il ne s'agit pas de la majorité des enseignants,, sinon, bigre ! nous risquons quelques « allègres» réactions) .

 

Trouille rétrospective de l’auteur de ces lignes ( bon sang, mais qu’est-ce qu’il m’a pris d’écrire tout ça ?) Après cette prise de risques inconsidérée, restent les ultimes questions. Finalement, toutes ces trouilles ne seraient-elles pas les filles naturelles issues d’amours inavouables entre la pensée unique, le «politiquement correct », ou le conformisme obséquieux ? Allez donc savoir…

 

Et la République des trouilles, est-ce bien encore la République tout court ?

 

Jean-Paul Négrel

Classé dans : Société - Mots clés : République

Écrire un commentaire

Quelle est la dernière lettre du mot bgez ? : 

Derniers articles


Derniers commentaires


Catégories

Archives

Mots clés