VICTOR HUGO L'EUROPEEN

Rédigé par J-P Négrel - 11 mai 2005

 

 

 

 

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L'Europe proclamée comme credo, Victor Hugo utilisé par Depardieu et d'autres comme alibi. Peut-on imaginer ce qu'aurait dit notre vieil humaniste ressuscité de la poussière des siècles, à propos du débat actuel ?

Se référant à sa pensée, on peut imaginer qu'il nous aurait rappelé que l'Europe en elle-même ne signifie pas grand-chose. Tout dépend des principes que l'on y rattache. Il aurait vraisemblablement ajouté: "Depuis Charlemagne, des hommes différents se sont succédé, se réclamant d'une Europe elle-même différente. Le bon roi Henri IV était européen, et Napoléon. Vos générations ont connu deux versions épouvantables de l'Europe: celle d'Hitler à l'ouest, et celle de l'est, la Stalinienne. Il vous appartient à présent de construire une Europe non plus basée sur une doctrine autoritaire qu'elle soit politique, économique ou marchande, mais sur l'Europe des peuples, libre, égalitaire, fraternelle , solidaire et harmonieuse. Une Europe riche et généreuse pour tous, resplendissante d'humanisme, exemplaire dans le concert des Nations du Monde"

Que penserait notre vieil humaniste d'une Europe, qui, en guise de cette lumineuse vision, veut contraindre l'Homme à s'effacer devant le Marché? Où les peuples seront placés dans une incessante compétition, sociale, économique et fiscale? Sans aucun espoir d'harmonisations, puisqu' interdites par le texte européen?

Qu'aurait objecté Victor Hugo écoutant l'Abbé Pierre , cet homme estimé parmi les estimables, soutenir un texte où le droit au logement n'apparaît plus garanti, alors qu'il l'était, lui et une bonne demi-douzaine d'autres droits, dans des textes universels antérieurs ?

Quelle attitude aurait-il eu, lisant la liste très incomplète de droits fondamentaux "reconnus et respectés", mais non garantis, et sans obligation de mise en œuvre de la part des Etats?

Aurait-il approuvé ou pas la disparition programmée de l'égalité d'accès pour chaque citoyen aux services publics fondamentaux, mutualisés, bientôt livrés au secteur mercantile du profit pour lui-même?

Comment aurait réagi notre militant de la laïcité voyant ce mot disparaître du texte européen?

Quel jugement aurait eu cet homme qui a combattu l'arbitraire, d'une Europe dont la justice sera exercée par des juges et avocats généraux nommés par les pouvoirs politiques ?

Notre républicain convaincu aurait-il eu de l'estime ou pas pour une Europe où le Parlement n'a pas l'initiative des lois et dans laquelle une Commission non élue, concentre les pouvoirs ?

Prendrait-il pour un progrès démocratique ou pour une duperie vis-à-vis des peuples européens, cette faculté de pétition à laquelle le texte européen n'accorde aucune suite véritable et dûment codifiée?

Manifesterait-il une certaine défiance ou pas face à un texte qui exige une double unanimité pour pouvoir être modifié ne serait-ce que d'un seul mot?

Comment Victor Hugo considèrerait-il notre république, notre démocratie qui n'accorde pas l'égale liberté d'expression et le même temps de parole à deux opinions différentes qui veulent s'exprimer, en plaçant tout l'appareil de l'Etat et les deniers publics au service exclusif de la seule "pensée officielle" ?

 

Jean-Paul Négrel

11 mai 2005

 

Références et documentation:

Texte du projet de Traité Constitutionnel Européen: nombreux articles des parties I,II,III.

Constitution de la 5e République (1958) : préambule et sa réf. à préambule de la Constitution de 1946 (articles 5 et 11)

Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (1948) : articles 2 et 23 à 26 inclus.

 

 

 

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EPILOGUE

 

Ce texte de 2005 est toujours d'actualité, puisque le TCE rejeté majoritairement par les électeurs français, a été imposé au mépris des règles démocratiques avec une nouvelle  dénomination de "Texte simplifié" par un président de la République élu en 2007.

Résultat ? L'Europe se concurrence elle-même, avec surenchère au salaire, le fameux "plombier polonais" n'étant plus une sorte de boutade, mais un véritable chantage au salaire le plus bas et absence de protection sociale, avec délocalisations internes, et persistance des paradis fiscaux européens permettant notamment à des Depardieu déjà cités à l'époque, et autres entreprises industrielles ou commerciales, de ne pas payer ce que nous payons tous à leur place.

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LETTRE OUVERTE à MMS LES MEMBRES DU CONSEIL MUNICIPAL ET AU MAIRE DE MONTENDRE

Rédigé par J-P Négrel - 12 mars 2005

Texte intégral du courrier adressé le 12 mars 2005 à la mairie de Montendre.

 

Mesdames et messieurs les élus municipaux,

 

Le 24 avril prochain, nous allons célébrer et honorer la mémoire de celles et de ceux d'entre nous qui, il y a soixante ans et plus, victimes de l'un des plus implacables fanatismes de l'histoire humaine ont été déportés dans des camps et y ont trop souvent péri. Exterminés du simple fait de leur naissance, ou au titre de combattants ou d'opposants au diktat, à l'arbitraire et à l'intolérance dans ce qu'ils ont de plus cruel.

 

Parmi ces héroïques pionniers du progrès humain et de la liberté, parmi d'autres résistants Montendrais, un homme, Samuel Duménieu.

De par une volonté encore incompréhensible, la plaque apposée en son souvenir suite à une décision municipale d'après-guerre sur la façade de ce qui fut sa demeure, là où il organisa la résistance et là où il sera arrêté un matin de 1944, cette plaque a été déposée.

 

L'occasion nous est prochainement donnée de rétablir une part de la mémoire collective de Montendre là où elle doit se trouver.

 

C'est ainsi que je vous suggère respectueusement, soit de faire en sorte que cette plaque puisse retrouver son emplacement d'origine, là où elle se trouvait depuis presque soixante ans, soit de la disposer sur une stèle située sur le domaine public jouxtant ce lieu de mémoire qu'est l'ancienne demeure de Samuel Duménieu.

 

Nous souhaitons tous la victoire éternelle sur l'intolérance, et je suis modestement persuadé qu'en l'espèce, s'agissant de la mémoire de l'un de ces hommes qui s'est passionnément battu dans ce sens, vous apprécierez certainement le bien-fondé de ma démarche.

 

Veuillez agréer, mesdames, messieurs, l'expression de ma haute considération.

 

Jean-Paul Négrel

Electeur et contribuable à Montendre

 

 

 

Ce courrier adressé à la mairie de Montendre (17), publié dans «La Haute Saintonge», est demeuré sans réponse de la part des autorités municipales montendraises.

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BONNES NOUVELLES

Rédigé par J-P Négrel - 22 janvier 2005

Les bougies des fêtes de fin d'année se sont vite éteintes sous le flot d'horreur qui a submergé les côtes de l'Asie du sud. Peut-on encore après cela , sourire un peu en glanant ici et là quelques "bonnes nouvelles" dans la presse nationale et régionale ? On tente le coup…

 

LES AVENTURES D'E.T.

 

- Pour rester dans la couleur locale, on évoquera ce personnage multiforme, descendant parfois de sa surprenante planète Politis. Nous voulons parler d' Elu Territorial ou E.T. Nous savons que parmi nos élus locaux, s'est glissée cette variété d'êtres étranges venus d'ailleurs, dont certains affectionnent particulièrement d'occuper coûte que coûte le terrain par le moyen photographique. L'objectif prioritaire demeurant la planète Réélection. Ainsi a-t-on pu voir ces derniers temps se multiplier les photos de l'un d'entre eux dans une publication. On collecte les bouchons en plastique dans un but humanitaire ? Clic-clac, il n'y est pour rien , mais il est là, sur la photo. Les pompiers éditent leur nouveau calendrier? Qui le présente à la presse? Le capitaine? Eh non, c'est E.T., bien sûr. On restaure une fontaine dans un village? Qui est sur la photo? Le maire de cette commune? Eh non! Coucou, c'est E.T. Un auteur local écrit un ouvrage sur l'histoire de son village. Qui présente le livre à la presse? L'auteur? Que nenni, toujours et encore E.T. Il a toutes les chances de se faire réélire. Et en plus, cette pratique favorise la bonne santé de trois industries: celle de la photo, celle du brassage d'air, et celle du cirage de pompes.

 

LES BONS COMPTES

 

- On apprend que la Chambre Régionale des Comptes qui autrefois pouvait glisser son museau indiscret dans les finances des municipalités pour y flairer d'éventuelles mauvaises odeurs jusqu'à 10 ans en arrière, ne pourra plus le faire que durant 6 ans. Ceci ajouté au fait que disposant de peu de moyens, les contrôles de cette honorable Chambre étaient rares, que de surcroît la nouvelle législation sur les marchés publics fait qu'il n'y a plus d'appels d'offres avant des sommes de plusieurs millions d'euros, la bonne nouvelle c'est que certains pourront de nouveau "s'arranger entre amis" sans risquer grand chose….et encore plus avec ce qui suit.

 

 

PAUVRE ALAIN

 

- En 1995 une loi promulguée sous Balladur et Juppé, instituait l'automaticité d'une inéligibilité de 10 ans pour un responsable politique inculpé dans une affaire de détournement de fonds publics. Alain s'en tire finalement avec 1 an d'inéligibilité. Cette méchante loi de 1995 est donc caduque. Bien fait! On n'imagine pas pouvoir condamner "le meilleur d'entre nous". D'autant q'il n'y a pas de raison, Donnedieu de Vabres, lui-même condamné dans une autre affaire il y a quelque temps, est toujours ministre! Il y a quand même une justice! Et puis ceci ajouté à ce qui précède, ne fera que faciliter la circulation des picaillons.

 

IDEES SAINES

 

- Serge Dassault, fils de Marcel , marchand d'armes fournisseur héréditaire de l'Etat, propriétaire de 75 publications dont Le Figaro, sénateur UMP, vient de déclarer que "la presse doit diffuser des idées saines". Quoi par exemple? Entre autre "qu'il n'y a pas d'acquis sociaux, et que l'on doit prendre exemple sur les pays où il n'existe pas de législation du travail". Ouf! Nous voici assurés d'une presse totalement libérée de dangereuses idées polluées par on ne sait trop quoi. Une presse saine, quoi!

 

A suivre (peut-être…)

 

Jean-Paul Négrel

 

 

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CIVISME MUNICIPAL

Rédigé par J-P Négrel - 22 janvier 2005

Lannemezan. Le conseil municipal se vote une augmentation facultative mais légale de 28% pour l'indemnité du maire et de ses adjoints. Puis, quelques jours après, dans un geste aussi théâtral que médiatisé, eh ben non, remords républicain ou réflexe civique, le maire et sa première adjointe refusent cette largesse. Leur argument? "Nos concitoyens paient suffisamment d'impôts locaux sans alourdir encore leur charge. Et puis la commune fonctionne aussi grâce au travail de nombreux bénévoles qui eux ne touchent pas un centime" Ce n'est pas une bonne nouvelle ça? Et quel bel exemple de désintéressement!

Pour information, voici le montant maximum brut mensuel de l'indemnité de fonction des maires et adjoints, fixé selon l'importance démographique des communes, en valeurs arrondies, au dernier réajustement de juillet 2004 (Source: Direction générale des collectivités locales):

communes de moins de 500 habitants: maire 613 € , adjoint 238 €.;St Aigulin, Montguyon, Montlieu, Montendre, Mirambeau : maire 1550 €, adjoint 595 €; Jonzac; Pons: maire 1982 €, adjoint 793 €;Royan: maire 2343 €, adjoint 991 €; Rochefort, Saintes: maire 3244 €, adjoint 1289 €; La Rochelle: maire 3965 €, adjoint 1586 €.

Certains conseillers municipaux chargés d'un mandat spécial, peuvent percevoir une indemnité librement fixée par la municipalité, dans la limite de celle perçue par le maire. ou ses adjoints.

Pour le Conseil général, au 1e janvier 2004, il y a 1 an, en Charente-Maritime, l'indemnité mensuelle brute était de 5227 € pour le président, et 2163 € pour un conseiller.

 

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