CHERS AMIS DE LA LYRE

Rédigé par J-P Négrel - 01 décembre 2002

Je me souviens d’un soir de fête à Montendre.

A cette époque, la Lyre était encore un nouveau-né, et ce soir là , cet orchestre jouait dans un recoin sombre de ce qui est à présent la place Paillé. Ces vaillants musiciens, sous la baguette de leur chef, Monsieur Guy Barraud, tentaient de couvrir les flots débordants de la musique d’un manège tout proche. Ma sympathie fut acquise à cet instant à la Lyre, à son chef et à ses musiciens, car jouer dans de telles conditions pour notre plaisir à tous, ce n’était pas de la passion pour la musique ni du dévouement, c’était franchement de l’héroïsme.

Je ne me doutais absolument pas à cet instant que par les hasards de l’histoire, j’aurai plus tard l’honneur de présider la Lyre Montendraise.

J’y fus amené à une époque charnière de son histoire, au moment où , suite au Président fondateur de la lyre , Monsieur Georges Clémenceau , Monsieur Michel Manon, après avoir lui aussi assumé une longue et fructueuse présidence, souhaitait trouver un successeur. Dans le même temps, Monsieur Guy Barraud, son non moins historique chef bénévole, souhaitait de son côté rejoindre les rangs de ses collègues et amis musiciens. A cette situation s’ajoutait celle d’un état financier délicat qui ne permettait pas d’offrir à la Lyre un nouveau chef, inévitablement un professionnel indemnisé.

J’acceptai finalement la responsabilité de participer aux destinées de la Lyre, dont il fallait malgré les difficultés accumulées, assumer la pérennité. Et ce avec d’autant plus de plaisir que parmi ses jeunes musiciens , se trouvait un flûtiste qui m’avait déjà précédé , et qui était mon fils Jean. Nous étions donc en famille.

Enfin, nous réussîmes à trouver de nouvelles subventions, un nouveau chef, Monsieur André Telman, et l’équipe fut reconstituée pour un nouveau départ.

Cette œuvre collective fut menée conjointement avec toutes les parties prenantes, notamment avec Monsieur Jean-Claude Humbert pour la municipalité montendraise, Monsieur Paul Rousset pour le SIVOM de Montendre, et Monsieur Claude Révolte pour l’Ecole de musique de la Haute Saintonge. Un accord avec cette école et son directeur, toujours en vigueur, permit de favoriser les études musicales des jeunes musiciens entrant à la Lyre, et préparait ainsi le rajeunissement des effectifs dont nous nous réjouissons encore à présent.

Ma part de mission étant remplie, je me retirai pour laisser la présidence à Madame Michelle Chaurial

Nous pouvons honorer aujourd’hui cette fière équipe, ses fondateurs, Messieurs Clémenceau,Manon et Barraud, et ses continuateurs, Madame Michelle Chaurial et Monsieur Hervé Sardin et bien entendu l’ensemble de ses musiciens qui répètent inlassablement pour nous proposer sans cesse de nouveaux moments de joie musicale .Qu’ils continuent tous, et en avant la musique !

 

 

Jean-Paul Négrel

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EUROCHESTRIES: EUROPHORIE

Rédigé par J-P Négrel - 23 juillet 2002

 

Européenne euphorie et bien plus encore grâce à la présence musicale de nos "cousins" australiens …

 

Euphorie, c'est très certainement le sentiment qu'ont éprouvé sans réserve les centaines de personnes présentes au concert d'ouverture des Eurochestries 2002 dans l'église de Jonzac.

Il est par nature extrêmement difficile de décrire, de communiquer la sensibilité et l'émotion musicales, sans retomber inévitablement dans les clichés habituels du "langage universel" et de la "fraternité entre les peuples".C'est pourtant bien de cela dont il s'agit.

Admirable jeunesse venue de partout que rien ne distingue d'une autre jeunesse d'ici, de là-bas ou d'ailleurs, et que l'amour de la musique réunit et fédère dans l'amitié réciproque d'une noble passion partagée. L'émotion du public, des musiciens et de leur chef était d'autant plus intense au moment d'applaudissements en déluge tellement mérités par tous ces jeunes dévoués à l'art que d'aucuns considèrent comme étant le plus élevé.

Eternelle magie féerique des sons, de la mélodie familière et de la ravissante harmonie, se transmettant mystérieusement à travers cet indescriptible quelque chose que certains peut-être appellent l'âme, qui communique et communie puissamment avec elle.

Incroyables sculpteurs d'impalpable et d'éphémère, édificateurs d'invisibles architectures intemporelles, voûtes fugaces qui nous enveloppent parmi les voûtes de pierre séculaires, qui nous charment le cœur en écho, ces chefs et leur baguette magique qui tantôt déchaînent la tempête tonitruante des cuivres, le tonnerre puissant des percussions ou bien appellent à l'apaisement par le zéphyr amoureux des archets à l'unisson, la brume ou fraîche ou chaleureuse, parfois ironique, mais sans cesse légère des bois, l'interrogation étrange des pizzicati à la fois complices et distants, tous éléments variés formant une symphonie de couleurs sonores assemblées par le génie des compositeurs.

Devant ce spectacle réjouissant, on a envie de clamer à tous les peuples de la Terre: bon sang, faites de la musique, pas la guerre!...

Enfin, il faut bien noter plus prosaïquement que voilà un budget bien attribué et bien utilisé, et observer que la résurrection voici quelques années des Eurochestries est due à la volonté personnelle de notre Président du Conseil Général, et que sa mise en œuvre est menée "tambours battants", par un autre variété d'orchestre, une autre équipe tout aussi dévouée appelée Ecole de musique de la Haute Saintonge, qui , étant donné la diversité de ses activités, mériterait certainement le titre d'Ecole des Arts, avec un chef dynamique que chacun connaît bien : Révolte de son prénom Claude…On est heureux et on le dit: que vivent les Eurochestries !

 

 

Jean-Paul Négrel

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LA REPUBLIQUE DES TROUILLES

Rédigé par J-P Négrel - 25 mars 2002

 

 

Estimé lecteur, cher concitoyen mon frère (ou ma sœur), ne sois pas trop déçu, il ne sera pas question ici d’insécurité…mais de l’horrible, de l’incroyable, de la lâche trouille citoyenne qui , de bas en haut et de haut en bas, angoisse et mine notre pauvre Marianne...et nous avec ! 

Trouille électoraliste de nos gouvernants qui n’osent pas mettre en chantier de vrais réformes : Etat, retraites, fiscalité, éducation, santé, fracture sociale, etc…au cas où, en cas que…

 

Trouilles des mêmes, impuissants face au fric qui s'évade, et que l'on n'ose pas taxer, dans un contexte de corruption mondialisée.

 

Trouille chronique de l’élu provincial, qui n’ose pas trop « chatouiller » son concurrent, au cas où, en cas que…dans le cadre d’un consensus mou local, ou d’un partage discrètement convenu des postes entre les étiquettes, le tout étant souvent baptisé tolérance, pour faire humaniste, ou pacte républicain, pour faire...républicain.

 

Tant que nous sommes en province, trouille devant certains maires,  à cause de la subvention réclamée ou pire, des miettes de la survie sollicitée, que sont les CES, CEC, et autres emplois jeunes. Pression exercée par l'Edile Suprême par le biais du poste attribué ou pas, du fait de sa bonne grâce, au fiston,au papa ou à la cousine. Chantage au gagne-pain, à la misère et à la précarité, par clientélisme électoral et absolutisme local.

"Tu la fermes, et tu applaudis, ou bien..."

 

Trouille politique des mêmes maires (et non pas des mémères, qui elles, gâtées, ont droit une fois par an au banquet et aux petits soins hautement désintéressés des mêmes maires et de leurs dévoués affidés), pour accorder leur signature aux « petits» candidats à la Présidence. Au cas où, en cas que…

 

Trouille administrative de l’administré face à son administration ou ses instances locales. Au cas où, en cas que, on ne sait jamais…Il est vrai que devant la nature parfois surprenante des réactions suscitées lorsque l’on souhaite simplement s’informer sur la logique de certaines décisions ou de l’usage de nos sous, la démarche s’apparente au défi, à la provocation, à l’indiscrétion, et même à la subversion !

 

Trouille scolaire des parents d’élèves, devant l’inoxydable, l’imperturbable indifférence des responsables de l’Education Nationale, face aux vrais problèmes qui sont éternellement posés tout au long du cursus : cantine, horaires, défaillances pédagogiques, voire désinvolture sans risque de certains enseignants (nous disons bien certains enseignants seulement, il faut bien préciser qu'il ne s'agit pas de la majorité des enseignants,, sinon, bigre ! nous risquons quelques « allègres» réactions) .

 

Trouille rétrospective de l’auteur de ces lignes ( bon sang, mais qu’est-ce qu’il m’a pris d’écrire tout ça ?) Après cette prise de risques inconsidérée, restent les ultimes questions. Finalement, toutes ces trouilles ne seraient-elles pas les filles naturelles issues d’amours inavouables entre la pensée unique, le «politiquement correct », ou le conformisme obséquieux ? Allez donc savoir…

 

Et la République des trouilles, est-ce bien encore la République tout court ?

 

Jean-Paul Négrel

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